Vingt-sept ans après Les bronzés font du ski, la troupe du Splendid se retrouve pour donner une suite poussive à deux films mythiques de la culture populaire française...La promotion acharnée sur les plateaux de télévision et les 950 copies distribuées dans tout le pays auront certainement raison des critiques négatives que l’on peu émettre sur ce film. La troupe du Splendid crie à qui veut l’entendre que ce projet a longuement été réflechit, et qu’il découle d’une commune envie de reprendre des personnages haut en couleurs devenus cultes par la force des rediffusions télévisées. Mais le constat est cinglant : Les bronzés 3 est raté et trop rares sont les moments où l’on arrive à se détendre pour apprécier quelques gags et bons mots de qualité.
Les Popeye, Jean-Claude Dusse et autre Gigi se retrouvent dans un hôtel de luxe tenu par le premier cité afin de passer une semaine de vacances. Ils sont tous là et ils ont changé ! Le film est donc l’occasion de découvrir ce à quoi ressemblent maintenant ces personnages qui nous ont tant fait rire auparavant : et la question est de savoir s’ils sont capables de rééditer cette performance...
Mais à la vue des premières minutes du film, on comprend vite que ce troisième volet des Bronzés ne tiendra pas toutes ses promesses. Il y a comme un souci de précipitation à l’écran. De peur de ne pas arriver à faire rire, les comédiens en font des tonnes et trouvent matière à rigoler de n’importe quelle situation : là où les deux premiers films prenaient le temps d’installer des scènes et des contextes qui toujours faisaient mouche. Ici, il n’en est rien : certaines blagues tombent à plat (le pire indice de non-qualité pour une comédie), et le scénario ne résiste pas à l’envie de tomber dans la scène de comédie homophobe vue mille fois ailleurs, et les clins d’oeil aux deux premiers épisodes sont franchement lourds (Jean-Claude Dusse coincé sur un jet-ski en panne et qui dit : "ça va pas recommencer", faisant allusion à la célèbre scène du télésiège dans Les bronzés font du ski)

Si dans l’ensemble on peut éprouver un certain plaisir à retrouver cette bande d’amis sympathiques et rieurs, on est quand même extrêmement déçu de ne pas s’entendre rire plus que ça. Le simple sourire a remplacé la franche rigolade qui allait si bien avec les deux premiers films, et l’on s’étonne même de trouver ça normal. Comme si au fond de nous on savait que ce troisième épisode n’avait aucune chance d’égaler ses prédécesseurs. A défaut d’être utile à la comédie française, Les bronzés 3 aura certainement le mérite de renflouer les caisses du CNC. Un mal pour un bien en quelque sorte.