Frownland (Un film de Ronald Bronstein)
Autisme underground
Par Morgane Pichot, le 22 septembre 2008 2008
Quelque part entre Tarnation (Jonathan Caouette, 2003) et autres journaux filmés « à la Jonas Mekas ou Chantal Akerman », Frownland (premier film de Ronald Bronstein) dresse sous l’étiquette « indépendant / underground » le portrait d’un jeune inadapté à la société marchande, survivant dans un taudis au milieu d’êtres plus individualistes et indifférents les uns que les autres.

« Underground » pris au sens premier, c’est à dire sans éclairage, sans cadrage, comme un spéléologue et sa lampe frontal , et au sens filmique, scénario très peu développé autour d’un marginal, des « plans chocs » (la morve dégoulinante et autres recherches « puériles »), et les décors glauques. Seulement Frownland ennuie tant il ressasse ses propres stéréotypes, sa volonté affichée et sur-affichée d’être « brut et cru », on s’agace vite de ce filmage primaire et de ces images qui ne choquent plus personne. Reste un personnage, (Keith), interpreté avec force par Dore Mann parfois touchant, souvent agaçant, mais doué pour improviser des dialogues justes.

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Quelques scènes plus marquantes et riches que l’essentiel du film à noter aussi tout de même : celle de l’examen ou celles de la facture d’éléctricité qui démontrent la finesse dans l’appréhension de la psychologie humaine, qu’elle soit normée ou plus ou moins extravagante. Ce film aurait pu devenir un bon film sur les rapports humains mais il insiste dans sa démarche indépendante à tout prix, pour dérailler dès qu’il trouve un peu de sens et de souffle. Frownland se veut un hommage à l’underground new yorkais des années 80, c’est peut être son seul intérêt aujourd’hui, mais l’exercice a été mieux réussi en ce temps et depuis…

Images : © Pierre Grise Distribution






A l’occasion de la sortie du chef d’œuvre de Steve McQueen, Hunger, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Les Évadés de Frank Darabont
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
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- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

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