Broken Flowers a tout du road movie, il consiste en un voyage introspectif, presque initiatique, entrepris par un personnage qui n’a plus l’age pour ce genre de blagues.Entre Don et Winston il y a un monde. D’un côté il y a les gosses qui jouent dans le jardin, de l’autre une femme qui s’en va et Don qui ne fait rien. Don fait la moue, il va parler, et puis non. Des filles comme ça il en a laissé partir pas mal. S’en souvient-il seulement ? En partant, Sherry (Julie Delpy) épluche le courier...
Une enveloppe rose et tout commence. Don poussé par son ami et voisin Winston part à reculons à la rencontre de ces anciennes conquête. Dans son voyage au pays des femmes, un bouquet de fleur à la main, les hommes sont peu présents. Quand ils sont là et pas en photo, ils sont soit trop collants, soit trop... violents. C’est sûr entre Don et eux... il y a un monde.
Très soigné, parfois drôle, le Grand Prix du Festival de Cannes 2005 a de la gueule. Une gueule d’abord : celle de Bill Murray. L’acteur promène son look désabusé d’un bout à l’autre du film. Mais la véritable force de Broken Flowers réside sans aucun doute dans sa mise en scène. Pas un plan, pas un son, pas un regard, rien de ce qui apparaît à l’écran n’est gratuit. Certes je dénoncerai une fois de plus les abus tels que les effets de flou sur les deux scènes de rêve ou les trop nombreux fondus vers le noir qui renforcent l’idée de film à sketches, mais le tout reste une oeuvre cinématographique extrêmement aboutie.
Jim Jarmusch sait faire du cinéma et cela rend d’autant plus jouissive l’histoire qu’il raconte. Deux thèmes se dégagent clairement : les femmes, et la paternité. Pour ce qui est des femmes on se délecte de la variété des personnages et de la qualité de l’interprétation. Elles ont toutes leurs défauts mais elles ne manquent pas de charme. Alors pourquoi Don ne s’est il jamais fixé ? Parce qu’il en va pour Don des femmes comme des ordinateurs, il en tire profit, mais n’en veut pas à la maison.
Avant Don faisait dans les ordinateurs. "Les ordinateurs et les femmes". Précise-t’il. Mais, la perspective d’être père l’a changé. Tout ce qui bouge et qui porte un survet constitue pour lui un fils potentiel et sa "paparano" devient vite la notre.
Le principe de l’enquête quasi-policière permet de maintenir l’attention constante du spectateur. La fraîcheur de la narration et la qualité de l’interprétation font donc de Broken Flowers une comédie remarquable. En ajoutant à cela la richesse de la mise-en-scène le prix reçu à Cannes est loin d’être usurpé.
C’est sûr l’été est terminé le grand cinéma est rentré de vacances. Ne nous y trompons pas entre Jim Jarmusch et les autres... il y a un monde !