La paix est revenue sur Terre. Un équilibre a pris place entre les humains et le royaume invisible, cependant, le descendant des forces souterraines refuse de s’incliner face aux êtres humains et remet en cause la trêve précédemment établie. Une nouvelle guerre est donc sur le point d’éclater... mais c’est sans compter sur l’apparition d’un élément perturbateur : Hellboy.Quatre ans. Il aura fallu attendre quatre années pour voir débarquer de nouveau le héros cornu sur nos écrans. Quatre ans pour savoir si Del Toro allait pouvoir nous remettre au goût du jour un univers édulcoré et marqué. Entre temps, ce dernier aura réalisé Le Labyrinthe de Pan, dans lequel son imaginaire arrivait à prendre forme au travers de personnages aussi étranges qu’extraordinairement « présents ». Avec ce long-métrage, Guillermo Del Toro réussissait à apposer sa « touch » dans le domaine du « fantasy-fantastic ».

A quoi devons-nous nous attendre avec ce second volet des aventures du géant rouge ? Tout d’abord, à des personnages secondaires beaucoup plus imposants que les têtes d’affiches elles-mêmes. Citons par exemple le personnage de la plante verte géante, ou celui de la mort tout droit sorti du Labyrinthe de Pan. Alors que ces figures secondaires avaient pour but de dynamiser un peu plus la matière, les acteurs principaux peinent à s’imposer concrètement. C’est pourquoi le réalisateur met en place un système de tandem amoureux (Hellboy/Liz, Abe/Nuada) pour accentuer le côté humoristique et ainsi faire vivre ses protagonistes principaux. Peine perdue. Les situations cocasses amusent mais n’arrivent pas à captiver le spectateur de manière définitive. La réflexion sur la cohabitation des mutants et des humains n’est pas non plus réellement exploitée, dommage ceci aurait permis d’ouvrir le film à d’autres horizons.
Reste tout de même une esthétique proche du comic d’origine ainsi que deux séquences impressionnantes : celle de l’affrontement entre la plante verte et Hellboy, et celle de la rencontre de Liz avec la Mort (qui sera l’objet d’un troisième épisode puisqu’elle nous apprend que la destinée de Hellboy est de détruire la Terre). Il manque à ce deuxième volet les ingrédients essentiels qui faisaient la force du premier : des personnages davantage ancrés dans le récit, et des séquences mieux agencées. Reste à attendre le troisième épisode pour savoir si Del Toro aura réussi à épuiser la licence jusqu’au bout. En attendant c’est le spectateur qui voit rouge.