Chacun son cinéma - Lumière 2010
Par Flavien Poncet, le 4 octobre 2010 2010 - automne - 16:51
Pour sa deuxième édition, le Grand Lyon Film Festival de Bertrand Tavernier et Thierry Frémaux s’apprête à débuter et à hisser dans l’agglomération du Grand Lyon le drapeau de la cinéphilie. D’ores et déjà les rues se remplissent des grands noms du domaine (Jean Douchet, Bernard Chardère, Samuel Blumenfeld…). A l’aune d’une semaine qui annonce plus de 190 séances consacrées à quelques 70 films différents, l’occasion invite à réévaluer la ferveur cinéphilique française. Où en sommes-nous (nous cinéphiles, amateurs de cinéma ou spectateurs occasionnels) dans notre rapport avec l’Histoire du cinéma ? C’est en creux, derrière la fête, les invités prestigieux et les mouvements de masses euphoriques, ce que le festival Lumière vient interroger et mettre à l’épreuve. Verdict en fin de festival pour voir « France : comment ça va avec ta cinéphilie ? ».

La lecture historique du cinéma que nous propose de suivre Lumière 2010 cette année suit cinq voies majeures : Luchino Visconti (dont j’aurai l’occasion, pendant le festival, de développer sur findeséance toute l’admiration que j’ai pour son cinéma), Milos Forman (prix Lumière cette année), Raymond Bernard, des œuvres méconnues du « Nouvel Hollywood » et une certaine tendance du cinéma français des années 70. Viennent s’ajouter d’autres voies, minorées mais bien présentes, celles des meilleures restaurations de l’année (parmi les plus intéressantes : Confucius de Fei Mu, Psychose d’Hitchcock, Le Tambour de Schlöndorff et Justin de Marseille de Maurice Tourneur) et un cycle Dario Argento. Le Grand Lyon Film Festival tend à couvrir des champs de films plus large encore que l’année précédente, sans atteindre néanmoins les coins reculés du documentaire ou du cinéma expérimental.

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C’est que, ambition redoublée cette année, le public visé est le plus large possible. En vue des initiatives engagées pour accueillir les établissements scolaires et les jeunes spectateurs (à l’occasion d’une séance du Roi et l’oiseau à la Halle Tony Garnier), le souhait de Tavernier & Frémaux de s’adresser à la masse paraît d’autant plus prononcé. Lumière 2010 refuse le cinéma d’élite (s’il en est un). Pas un festival clanique (bien que les films choisis versent davantage dans la tradition de la revue Positif que dans celle des Cahiers du cinéma), un festival pour tous. Tous en scène de Vincente Minnelli aurait pu être le film d’ouverture, celui qui conjoignant spectacle et intelligence avec une ferveur plastique serait le mieux à même de rassembler grand public néophyte et cinéphiles avertis, tout en dessinant la politique culturelle du festival. Faute de Minnelli, autre grande œuvre, autre production Arthur Freed, tout aussi apte à conjuguer le plaisir des yeux et le contentement de l’intelligence, invitant d’autant mieux à la joie du cinéma et de son historie, Singin’ in the rain de Gene Kelly et Stanley Donen (en sa présence) ouvrira ce festival Lumière 2010.

Une semaine durant, s’engagera dès demain pour les festivaliers les plus assidus une confusion vertigineuse entre l’histoire du cinéma et la réalité au présent. Jeu d’ironie, la concordance du réel et du cinéma a déjà lieu : en attendant la projection de Singin’ in the rain, Lyon se couvre d’une bruine automnale. Comme Gene Kelly dans la fameuse séquence, le mauvais temps ne saurait entamer l’entrain du festivalier. Avant que ne s’ouvre en grandes pompes les festivités, rendez-vous pris sur findeséance pour un compte-rendu quotidien des films vus, appréciés, réévalués à travers les yeux de notre époque.

 






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

Ces liens vous sont proposés par Fin de Séance, site d’analyse critique des films d’aujourd’hui, n’hésitez pas à nous contacter pour nous transmettre des liens équivalents pour d’autres villes.

Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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