Une bande de petit criminel prend en photos des couples adultères pour se faire un peu d’argent. Un jour, l’un d’entre eux découvre que sa mère entretient une liaison illégitime et décide de lui soutirer une grosse somme d’argent.Réalisateur : Robin Weng
Année : 2007
Origine : Chine
Section : Compétition Officielle
Statut : Non distribué en salles
Acteurs : LUO Jin (Dragon) ; ZHU Xiaopeng (Amerika) ; Zhuang Jian Jie (Roppongi) ; WANG Yinan (la mère de Amerika) ; Gao Qing (Le Tchèque)

Fu Jian Blue est le premier film réalisé par le jeune cinéaste de 28 ans Robin Weng. Derrière ce scénario de photos adultérines se cachent une réflexion bien plus grande sur la population et leur désir de quitter leur terre. Le réalisateur arrive, par l’intermédiaire de la fiction à introduire des aspects documentaires notamment grâce aux indications de lieux de l’action mais encore aux inscriptions présentes sur les murs « L’immigration illégale ne mène à rien ». Même si le film présente au premier plan une fiction, nous voyons croître au second plan une réflexion plus approfondie sur cette jeunesse chinoise qui ne souhaite qu’une chose : émigrer vers l’occident. Ce n’est pas par hasard si un personnage dans le film se prénomme Amerika. Les personnages ont dont déjà en eux cette volonté de quitter leur pays. Le réalisateur mène également une réflexion sur le conflit en Taïwan et la Chine. Sa vision des choses nous montre un Taïwan dont il faut être méfiant avec notamment la séquence ou Dragon et Amerika arrive sur une île du continent Chinois et ou ils se font arrêtés par les autorités qui les considèrent comme des espions potentiels.

L’espoir d’une hypothétique réunification prend forme au sein du film avec cette tante qui possède chez elle un document parlant de la réunification entre Taïwan et la Chine. De plus, le Tchèque parle à un moment donné de ses mésaventures qu’il a pu avoir en prison. Il souligne que les gardiens Taïwanais sont les pires e que les Japonais sont plus amicaux. Quand on sait que le Japon a occupé l’île de Taïwan pendant 50 ans le discours tenu par le réalisateur en dit long sur sa pensée sur ce conflit. Cette volonté d’évasion de la jeunesse est appelée par le fait qu’ils évoluent déjà dans un univers autre avec notamment la scène dans le karaoké ou ils dansent tous ensembles sur une musique du groupe roumain O’Zone ou lorsque le jeune garçon entonne l’air du film Titanic lorsqu’il est sur le bateau avec son ami qui le filme.
Robin Weng mélange les genres de par ses choix de mises en scènes qui font pencher le film d’un côté ou de l’autre. Cependant, le film se clôture avec la voix-off de la mère qui explique comment son fils s’est fait expulser à deux reprises d’Angleterre et qu’ils ont dû réemprunter une somme considérable pour le faire passer clandestinement en Occident. L’évasion a un prix : la disparition du corps dans l’espace filmique.