Sumika, qui veut devenir actrice à Tokyo rentre dans sa ville natale pour l’enterrement de ses parents. A son retour, sa jeune sœur Kyomi semble avoir peur d’elle. Leur demi-frère aîné, Shinji, se retrouve au beau milieu des deux. Il a un secret qu’il ne peut dévoiler à sa nouvelle femme Machiko, témoin perplexe de la relation de ces trois personnages, mais heureuse d’avoir sa belle-sœur à la maison.Réalisateur : Yoshida Daihachi
Année : 2007
Origine : Japon
Section : Compétition Officielle
Durée : 111 min
Statut : Non distribué en France
Acteurs : SATO Eriko (Sumika) ; SATSUKAWA Aimi (Kiyomi) ; [NAGASAKU Hiromi] (Machiko) ; NAGASE Masatochi (Shinji)

Funuke Show Some Love, You Losers ! est le premier film du réalisateur Yoshida Daihachi. Avec son premier film sélectionné dans la compétition officielle, il imprègne cette dernière d’une comédie nous dirions même comédie « noire ». En en effet, le ton du film est donné lorsque nous avons à l’écran ce chat au milieu de la route et hors-champ le bruit des pneus qui crissent. Cependant, ce n’est pas le chat qui vient de se faire écraser mais des êtres humains qui tenter de le sauver. Cela se traduit avec deux grandes traînées de sang jonchant le sol. Le ton donné, le film peut démarrer. Nous assistons donc à la première comédie de la compétition qui aborde plusieurs thèmes. Nous avons dans un premier temps l’histoire de cette jeune fille qui revient vivre chez son frère. Nous aurions pu donc penser que ce film serait un film social avec une touche de comédie. Or il n’en n’est rien et nous assistons donc à un renversement total d’une famille qui va tourner autour de ce fameux personnage qui vient d’arriver. Cependant même si le film est traité avec un ton humoristique il n’en oublie pas moins de faire référence aux ruraux qui travaillent dur à la campagne et fait donc une comparaison entre la ville et la campagne avec l’héroïne qui dit qu’elle est étonnée de voir des gens qui se satisfont du moindre rien.

La mise en scène n’a pas pour ambition d’être renversante via notamment l’utilisation du montage narratif classique. Le réalisateur aborde également un autre thème qui est l’inceste sous fond de masochisme. En effet, nous allons voir se profiler tout au long du film l’intrigue qui nous raconte que le demi-frère et Sumika ont une histoire dans le passé et que ce dernier c’est juré de n’avoir aucune femme dans sa vie mis à part sa demi-sœur. Cependant, le réalisateur ne pousse pas jusqu’au bout la représentation de l’acte sexuelle ce qui aurait justement fait bousculer le film vers un autre univers. Même si Sumika n’a pas réussi à devenir actrice, chaque personnage va trouver un moyen d’émancipation et donc de fuir cette campagne oppressante. Le demi-frère trouvera la liberté par le suicide, sa femme par la fabrication de ses poupées et les deux sœurs par l’univers du manga. En effet, Kiyomi est le personnage qui s’exprime le moins du moins par l’usage de la parole. Elle a un moyen d’expression bien à elle qui est le manga. En effet, elle va devenir comme une sorte de metteur en scène en épiant sa sœur et en la mettant en scène dans son propre univers. Elle aura un succès tel qu’elle sera publiée et qu’elle gagnera le premier prix d’un concours. Après une réconciliation tumultueuse, les deux sœurs vont s’allier pour finir l’histoire que Kiyomi avait commencé à mettre en scène.
Yoshida Daihachi arrive par le truchement de la comédie à traiter d’un sujet contemporain tout en y intégrant différents thèmes comme l’inceste par exemple.