Un homme vivant à la campagne avec sa femme et son fils de douze ans doit partir à la ville afin de gagner plus d’argent. Sa femme meurt pendant son absence, laissant son fils grandir sans personne pour veiller sur lui. Le père revient cinq ans plus tard et décide d’emmener son fils avec lui pour faire les moissons.Réalisateur : Cai Shangjun
Année : 2007
Origine : Chine
Section : Compétition Officielle
Durée : 101 min
Statut : Non distribué en France
Acteurs : YAO Anlian (le père) ; LU Yulai (le fils) ; HUANG Lu (la jeune fille)

The Red Awn est le premier film réalisé par le réalisateur chinois Cai Shangjun. Ce dernier avait déjà auparavant signé quelques scénarii et décide de se mettre derrière la caméra et nous offre ce film traitant des questions de conservation du passé et des conflits de générations. Le réalisateur va donc nous peindre deux tableaux distincts qui sont la campagne avec ses traditions et ses rites et la ville avec là aussi ses modes de vie. Cependant, les trois quarts du film se déroulent pendant les moissons et nous allons assister donc à ce retour hypothétique d’un père trop absent qui a laissé derrière lui sa femme et son fils. Nous apprenons au fur et à mesure de l’intrigue que le père avait cumulé les dettes et qu’il n’avait plus l’argent nécessaire pour rentrer chez lui. La campagne apparaît donc comme l’endroit ou la vie est plus simple et ou la vie est rythmée par les moissons à chaque été. Néanmoins, le réalisateur nous offre également une peinture de la ville. Cette dernière apparaît comme le lieu empreint au chaos, ou la vie est inabordable et l’endroit ou l’homme n’apparaît plus comme une unité mais comme une pluralité avec ce mélange des masses. En effet, nous assistons durant la première partie du film à des plans ou l’on voit l’homme en communion avec la nature, l’homme comme être et façon d’être. Alors que la ville, elle, conditionne l’humain dans des espaces exigües. La modernité peinte de la sorte transforme l’être en une enveloppe charnelle vide dénudée de tous sentiments et de tous rapports au passé. Fuir la modernité n’est pas simple puisque le père le soulignera à nombreuses reprises : pour vivre à la ville il faut de l’argent. La liberté à un prix, le retour aux traditions, la renaissance de l’humain se fera dans un retour aux traditions et à la reconquête des sentiments.