Compétition Officielle : With A Girl Of Black Soil
Par Anthony Boscher, le 16 mars 2008 2008 - hiver - 20:55
Young-lim, âgée de neuf ans, vit avec son père et son frère handicapé mental dans un petit village de mineurs qui va bientôt être démoli. Suite à la découverte d’une maladie respiratoire, son père perd son travail.

Réalisateur : Jeon Soo-il

Année : 2007

Origine : Corée du Sud

Section : Compétition Officielle

Durée : 90 min

Statut : Non distribué en France

Acteurs : YU Yun-Mi (Young-lim) ; JO Yung-Jin (Tong-gu) ; PARK Hyun-Woo (Hyegon)

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With A Girl Of Black Soil est le quatrième long-métrage du réalisateur coréen Jeon Soo-il. Le film met en scène un père et ses deux enfants qui sont littéralement enfermés dans une ancienne cité minière. Contrairement aux précédents films de la compétition, ou nous avons pu remarquer cette forme de dualité en le présent et le passé, cette dernière n’est pas présente dans le film. La diégèse est un passé pur ou les personnages sont emprisonnés et ou aucune issue n’est envisageable. Le personnage du père et d’ores et déjà condamné de par la maladie qu’il contracte qu’il contracte dû à son travail dans les mines. Ce dernier ne souhaite pas emménager en ville dans un appartement. Le père incarne donc un « devenir » qui reste au stade de l’embryon. Le réalisateur ne choisit pas de faire basculer son film dans une « Sucess story » mais arpente de plans en plans la longue descente vers le gouffre qui attend cette famille. La scène ou le père dévale la colline de cailloux est représentatif de cela. En effet, il se laisse glisser du haut d’une pente et l’on peut voir ici le symbole de la descente aux enfers, de la perte de toute volonté d’atteindre le sommet c’est-à-dire la vie. Nous aurions pu voir dans la figure des enfants, un possible tournant vers l’avenir et donc un possible rachat sur la vie. Or il n’en n’est rien car la jeune fille décidera à la fin du film de ne pas prendre le bus qui la conduirait vers un avenir certain mais décide de rester dans la cité c’est-à-dire dans le passé. Cette scène est également accompagnée de toute la symbolique de l’interdit avec au premier plan la jeune fille qui attend le bus et au second plan les barrières qui tombent pour laisser passer le train avec ces lumières clignotantes comme le signal d’un passage interdit. La petite fille incarne a elle seule la figure de petite sœur, de mère et de bourreau. C’est en effet par elle qu’adviendra la mort de son père puisqu’elle décidera de l’empoisonner avec de la mort au rat. C’est un personnage visionnaire qui a conscience du monde dans lequel elle vit et dans lequel elle devra errer. La scène de l’empoisonnement de son père est très explicite à ce sujet. Au premier nous avons la fillette qui est assise et au second plan, dans la pièce à côté le père avalant son dernier repas. Le pas de la porte fait office de barrière, de séparation de deux univers : la fille et le père ne font désormais plus parti du même monde. La scène suivante, nous voyons errer dans cet espace blanchâtre errer Young-lim. Nous assistons ici au point de rupture du film. Ayant vécu dans cette nappe de passé, le prix à payer pour s’en extirper et d’entrer dans « devenir » autre tel le personnage du frère de par son handicap arrivera à échapper à cet univers. Son handicap lui procure également de nouvelles sensations vis-à-vis de l’espace environnant. N’ayant pas la même perception des choses que sa sœur, la notion de passé lui est totalement étrangère. Cette ignorance et ce « devenir » lui permettent de s’extirper du passé pour atteindre le présent.

 






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
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