Takua Pa une petite ville du Sud de la Thaïlande. Depuis le passage du tsunami, elle a totalement changé de visage. Un jour, un architecte prénommé Ton arrive en ville. Il loge dans un petit hôtel tenu par Na. Leur histoire d’amour naissante n’est pas du goût de tous. La ville s’est trouvé un ennemi.Réalisateur : Adiya Assarat
Année : 2007
Origine : Thaïlande
Section : Compétition Officielle
Statut : Distribué par Memento Films
Acteurs : Anchalee SAISOONTORN (Na) ; Supphasit KANSEN (Ton) ; Dul YAAMBUNYING (Wit)

Wonderful Town est le premier long-métrage réalisé par Aditya Assarat. Ce dernier prend un sujet marquant puisqu’il décide en effet de traiter de l’effet qu’à pu provoquer le Tsunami sur les êtres humains et leur rapport au monde. Thème ambitieux certes mais qui est relevé de par le travail fourni par le metteur en scène. Le film s’ouvre par ce plan envahit par les vagues. C’est donc une mère calme qui ouvre le film et donc par conséquent une mise en scène des plus classiques. Prônant la constance du cadrage, le film présentera quelques mouvements de caméra qui viennent ici faire échos au futur plan, quasi identique au premier, mais ou les vagues sont plus violentes. L’univers aquatique va prendre une place importante dans le film finissant même par envahir l’espace filmique. Le réalisateur utilise avec parcimonie ses mouvements de caméras et ne sont pas utilisés pour un pur effet de style. Même si le réalisateur rend compte du désastre qu’a pu opérer le tsunami sur les habitations, ce dernier nous décrit comment celui-ci a complètement renversé les relations entre les corps.

Désormais nous ne sommes plus dans le contact charnel mais dans un contact d’éloignement car la proximité est fortuite et dangereuse. En effet, le héros se fera agresser par des voyous qui décideront de le jeter à l’eau. Ce corps qui est jeté à l’eau symbolise tout un drame qui a pu avoir lieu et que les modes de vies passés ne peuvent s’actualiser dans une période post-trauma. Désormais la vie ne peut plus être la même qu’autrefois. Nous pourrions pousser un peu plus loin notre analyse en rapprochant ce film à la notion de crise du schème sensori moteur décrite par Gilles Deleuze dans son ouvrage L’image-temps. Le film va mette en scène des personnages en proie à une errance pure et sans but concret. Cela sera notamment le cas pour les jeunes en motos qui roulent sans cessent sur les routes sans but précis.
Adiya Assarat nous offre un film puissant, travaillé et ou la crise du Tsunami se répercute non seulement sur la mise en scène mais contamine tout l’espace filmique.