Moi, toi et tous les autres ouvre sur un monde magique dans lequel tout doit avoir un sens. Si Christine incarnée par Miranda July est blessée à la cheville, c’est sans doute parce que, selon Richard, elle croît mériter cette douleur...
Christine fait le taxi pour les vieux. Richard vend des chaussures et aimerait que ses fils (Robby et Peter) aient des pouvoirs magiques. Robby ne paye pas de mine du haut de ses 7 ans, mais il pratique le cyber-sexe. Une spécialiste d’art contemporain aigrie refuse de recevoir le projet de Christine en main propre. Deux petits vieux fricotent tandis que deux jeunes adolescentes font de l’oeil à un gros lubrique. Une petite fille distribue des bonbons à des bambins couchés dans l’herbe. Et tout, et tout...
Le film brille d’abord par ses dialogues, parfaitement maîtrisés, ils mettent en harmonie les personnages. Ces personnages, pour le moins singuliers, sont parfois peu crédibles, ils n’en sont pas moins touchants.
Moi, toi et tous les autres est un bonheur de cinéma car il parvient à créer un monde clos. Tout ce qui apparaît à l’écran nous est offert. On sait pourquoi le petit bruit, Richard nous dit pourquoi il s’enflamme au début du film, on ne va pas au magasin de chaussure par hasard, on est pas tous garés sur le même parking. Et tout, et tout...
C’est la poésie douce des petites choses, ce film a quelque chose de britannique mais Miranda July, jeune réalisatrice, vient de Portland aux Etats-Unis. Les Etats-Unis où elle à conquis le jury du Festival de Sundance puisqu’elle y a remporté un prix spécial.
Ce film chorale tout en décalage a le mérite de nous emmener ailleurs. Cet ailleurs est peint avec une douceur telle que la détresse des personnages ne nous blesse pas. Il s’agit de faire bonne figure, il s’agit d’aimer les choses. Et tout, et tout...