Malkovich dans la peau d’un faux Kubrick : un premier film signé par l’ancien assistant du grand Stanley...Pour son premier long métrage, Brian Cook met en scène la vie d’Alan Conway : petit escroc anglais qui se faisait passer pour Stanley Kubrick afin d’arnaquer des inconnus à qui il promettait une carrière dans le cinéma.
Petite comédie sans ambition ni sérieux, Appelez-moi Kubrick ne profite jamais d’un potentiel pourtant énorme, et déçoit très rapidement.
Notre ennui face au film naît du scénario qui n’arrive pas à tirer le meilleur de cette histoire en partie vraie (les faits s’étant déroulés dans les années 90 en Angleterre). Brian Cook choisit un humour assez gras et caricatural pour définir les nombreux personnages que rencontre Conway au cours de sa vie.
Mais pour pallier au manque d’originalité de la construction narrative du film (une séquence = une rencontre), il fait appel à de très nombreuses allusions concernant l’œuvre de Stanley Kubrick. Des emprunts musicaux à Orange Mécanique, 2001 l’odyssée de l’espace ou Barry Lyndon, en passant par la parodie de certaines scènes mythiques (comme la séquence pré-générique du film, très réussie) : tous ces clins d’œil ne sont que des effets comiques adressés au spectateur averti.

Il manque incontestablement à Appelez-moi Kubrick une dimension réflexive, un propos plus approfondi sur le cinéma de Kubrick. Ce dernier n’est ici que le prétexte d’une farce ratée, où prime un concentré de ce que l’Angleterre peut faire de pire en matière de comédie. D’un humour gras façon Ali G, à une mise en scène académique comme celle des épisodes de Mr Bean : Appelez-moi Kubrick n’a de satisfaisante que la composition de John Malkovich. Ses fans seront certainement les seuls à apprécier cette comédie rarement drôle.