John Rambo (Un film de Sylvester Stallone)
De l’ultra-violence à la solitude diégétique
Par Anthony Boscher, le 11 février 2008
John Rambo, un ancien béret vert s’est retiré en Birmanie loin de la violence du monde. Il vit de pêche et d’harmonie avec la nature. Un jour un groupe de volontaires humanitaire lui demande son aide pour rejoindre une portion de l’île pour soigner des civils. Quelques jours après, il reçoit la visite d’un pasteur qui lui annonce la capture des jeunes gens.

John Rambo est le quatrième opus de la saga Rambo qui débuta en 1983. Les trois premiers films racontaient l’histoire de Rambo, un béret vert qui revenait de la guerre du Vietnam et qui avait été « abandonné » par son pays. Derrière ce synopsis rapide, se cachait un problème qui peut-être encore mis au goût du jour à savoir l’avenir d’un soldat au retour de la guerre. Comment son pays doit-il lui rendre grâce, comment se réintégrer dans la société après avoir vécu une guerre ?

La question que nous pourrions nous poser est, quelle nouveauté apporte ce second opus, que veut-il nous dévoiler de plus ?

Il est vrai que le film reprend le même schéma que dans les opus précédents c’est-à-dire venir chercher Rambo, alors que ce dernier ne demandait rien, et lui proposait un marché contre une pseudo liberté. Sauf que pour cet opus, ce n’est point une instance militaire qui vient le dénicher dans le fin fond de la jungle mais de simples civils qui ont besoin de son aide. Ce n’est donc plus l’image de l’armée qui vient à lui mais bel et bien la société américaine qui l’a renié depuis toutes ces années. Le refus d’aide du personnage principal est donc clarifié par le fait que Rambo, ne faisant plus partie de la société américaine ne peut plus (pas ?) faire face à la société qui l’a ignoré. Lorsque dans un second temps, John Rambo, décide de les aider, nous pourrions donc comprendre cet acte comme une sorte de pseudo réinsertion au sein de la société américaine par le truchement de ce petit groupe de volontaires.

JPG - 42.8 ko

Cependant, ce léger flirt avec la nouvelle société américaine est de courte durée lorsqu’il va apprendre que le groupe qu’il a emmené s’est fait capturé par des militaires. Ce n’est que lors de cette seconde phase du film que John Rambo, rendosse son costume de béret vert et décide d’aider le groupe. En effet, il va être charger d’emmener un groupe de mercenaires américains là ou il a déposé le groupe de volontaires humanitaire. Le réalisateur n’hésite pas à caricaturer ces derniers au point même d’atteindre un degré de pathétique extrême. De plus, ce côté inexpérimenté des personnages est accentué par le nom d’un soldat qui se fait School Boy que l’on pourrait traduire de manière littérale comme « écolier ». Ce n’est donc plus pour une pseudo promesse de reconnaissance patriotique que Rambo reprend les armes. En sauvant ces civils, peut-être Rambo peut-il atteindre indirectement une prémisse de reconnaissance et de réinsertion.

JPG - 49.6 ko

Cet Eldorado ne peut-être atteint que dans la négation du corps et une projection, plus qu’accentuée d’hémoglobine. Sylvester Stallone a avoué dans une interview qu’il voulait montrer à l’écran les conflits qui se déroulent en Birmanie. Cette violence des conflits ne peut donc passer que par le sang et la négation des corps. Ici nous pouvons bien parler de négation du corps puisque Rambo n’hésite pas à mutiler ses adversaires en les faisant exploser ou en leur coupant des membres. La violence du film est à l’image du personnage principal. Peut-être que cet opus est l’opus ou s’exprime enfin la violence de John envers son pays. Certains parleront de violence gratuite, ici nous pourrions dire que la violence est un motif nécessaire à la purification du personnage. Ce n’est que par le sang et la violence que le personnage peut peut-être enfin atteindre un ailleurs possible. Le film n’aurait pas été ce qu’il est si, comme nous l’avons souligné un peu plus haut, c’était une instance militaire qui serait venu le chercher. Le groupe de volontaire pourrait donc symboliser un pays tout entier qui vient chercher un soldat perdu.

Les deux derniers plans du films symbolisent parfaitement ce que nous disons depuis le début. En effet, nous avons tout d’abord un premier plan éloigné ou nous apercevons Rambo seul au milieu de la forêt. Le personnage est filmé en légère contre-plongée et nous avons en contre-champs la violence du conflit laissait par le personnage c’est-à-dire des corps mutilés et usés. La séquence suivant montre Rambo qui est rentré chez son père. Le dernier plan du film est un mouvement de grue qui filme en plongée le personnage avançant dans le paysage. La caméra s’éloigne au point de rendre Rambo de plus en plus petit. Ce plan, à ce moment, permet au personnage d’atteindre un état supérieur : celui de civil repenti.

Images : © Millenium Films






Auteur d’une performance exceptionnelle dans le nouveau film de P.T. Anderson, Paul Dano était jusqu’à aujourd’hui connu comme "celui qui ne parle pas dans Little miss sunshine". Il sera désormais le pasteur prêcheur de There will be blood. 5 autres grands personnages empreints "d’une certaine religiosité" :

  1. Robert Mitchum dans La nuit du chasseur
  2. Gérard Depardieu dans Sous le soleil de Satan
  3. Mel Gibson dans Signes
  4. Samuel L. Jackson dans Pulp Fiction
  5. Jeremy Irons dans Mission


Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

Ces liens vous sont proposés par Fin de Séance, site d’analyse critique des films d’aujourd’hui, n’hésitez pas à nous contacter pour nous transmettre des liens équivalents pour d’autres villes.