Pirates des Caraïbes 3, jusqu’au bout du monde (Un film de Gore Verbinski)
Eau Trouble
Par Julien Hairault, le 6 juin 2007 2007
Dans ce troisième volet des aventures de Jack Sparrow, le petit monde de la piraterie est sens dessus dessous depuis que l’impérial Lord Becketta en tête de le dominer sans partage. Pour lui résister, Will et Elizabeth doivent secourir Jack et réunir les pirates du monde entier pour défendre leur liberté.

C’est sans surprise que le troisième (et supposé dernier) volet de la saga Pirates des Caraïbes déçoit en n’arrivant pas à renouer avec la réussite de son prédecesseur, de loin le meilleur film de la trilogie, celui qui a joué la carte du divertissement a 100% parce que débarassé des contraintes liées au développement de l’introduction et de la conclusion.

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Car c’est bien là que se trouve le principal problème du film. De la même façon que le premier Pirates des Caraïbes perdait du temps à présenter personnages et intrigues, Jusqu’au bout du monde avance sur un rythme problématique qui retarde le plus possible les moments de pur divertissement, ceux que l’on retient avant tout, et qui font briller la franchise de Jerry Bruckheimer et Gore Verbinski. A ce titre, on sauvera la dernière partie du film, monumentale séquence de bataille navale servie par une post-production impressionnante. Encore une fois ; l’équipe technique du film démontre son savoir faire en matière de maquillages, de décors, de costumes et surtout d’effets spéciaux.

Si le dernier tiers de Jusqu’au bout du monde nous fait sur le moment oublier les ennuyeuses deux précedentes heures, il nous faut tout de même revenir sur leur médiocrité. Il y a dans la première moitié du film un goût prononcé pour l’accumulation de personnages, et surtout, d’intrigues étirant le récit dans différentes directions. Toutes se croiseront au final lors de la grande bataille.

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Comme c’était déjà le cas avec Le secret du coffre maudit, ce nouvel épisode accorde la même importance à de nombreux personnages, préférant parier sur l’esprit d’équipe et sur un casting choc sans faille : Orlando Bloom, Keira Knightley, Geoffrey Rush, Johnny Depp et le nouveau venu Chow Yun-Fat. L’idée ici est que tout le monde doit être servit comme son voisin. Ainsi, on rajoutera des couvert manquants et on resservira les mécontents. Gore Verbinski remplit son film à l’exces, au risque de parfois le faire déborder et de perdre l’attention de son public.La séquence où les Neuf Seigneurs de la Cour des Frères se réunissent s’étire indéfiniment pour arriver à un dénouement prévisible. Le rythme du film est déterminé à l’aide des nombreux rebondissements et trahisons, menant la plupart du temps on l’a dit à des situations confuses.

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Jusqu’au bout du monde est comme pris à son propre piège, emporté dans son élan narratif, comme si au dernier moment la franchise Pirates des Caraibes voulait s’ouvrir encore plus à des rencontres toujours plus hautes en couleurs. A cet égard, la toute première séquence du film qui se déroule en Chine, résume plutôt bien à la fois l’ambition et l’échec du film. On y parle beaucoup, au moins autant qu’on ne s’y bat. Le tout est très bien écrit, certainement un peu trop d’ailleurs. Il manque à ce film la liberté, voire l’insolence, qui avait fait la force du second épisode. Si Gore Verbinski et son équipe ont une nouvelle fois prouvé des qualités techniques sans égales à Hollywood aujourd’hui, ils n’ont pas su montrer qu’ils étaient capables de relever le défi certes difficile de mettre un terme à une trilogie sans perdre en route les spectateurs dans un récit labyrinthique.

Images : © Buena Vista International






Le 25 mai prochain, après une compétition d’une dizaine de jours, le jury du 61ème Festival de Cannes présidé par Sean Penn, décernera la tant attendue Palme d’Or au meilleur film de la sélection. En attendant d’en savoir plus, la rédaction de Fin de Séance vous livre ses cinq oeuvres palmées préférées :

  1. Pulp Fiction de Quentin Tarantino
  2. Taxi Driver de Martin Scorsese
  3. Elephant de Gus Van Sant
  4. Barton Fink de Joel & Ethan Coen
  5. Apocalypse Now de Francis Ford Coppola


Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

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