Away We Go (Un film de Sam Mendes)
Ensemble, c’est tout
Par Jean-Eudes Durand, le 6 décembre 2009 2009
Sam Mendes qui s’était imposé sur la scène internationale dès son premier film (American Beauty, 1999) prend son dernier long-métrage en date, Les noces rebelles, totalement à contre-emploi pour créer Away We Go. Le cinéaste s’appuie à peu près sur les mêmes éléments de base (vision du couple, attente d’un enfant) en leur conférant un tout autre traitement (les deux projets ont été développés par le réalisateur simultanément). La noirceur des Noces rebelles est occultée par la désinvolture de Away We Go. On retrouve davantage American Beauty dans ce nouveau film, même si Away We Go acquiert sa légèreté (au sens qualitatif du terme) au détriment de la dramaturgie du premier film du cinéaste.

Verona et Burt attendent un enfant. Dès lors que les parents de Burt quittent la région dans laquelle ils habitent, plus rien ne retient le jeune couple dans la ville de province qu’il n’apprécie guère. Apeurés par la venue de cet enfant, les deux trentenaires décident de voyager, aller à la rencontre de diverses familles pour décider quel mode de vie adopter avec le bébé et dans quel lieu l’élever parfaitement. Les parents de Burt partis, les deux marginaux se retrouvent confrontés à eux-mêmes, face à l’inconnu que représente l’âge adulte et à de nombreuses questions existentielles.

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On suit ainsi l’itinéraire de Burt et de Verona de ville en ville où ils rencontrent des familles toutes différentes les unes des autres. Prenant à cœur la venue de l’enfant, les amants qui n’ont pas de véritable modèle parental suivent une ligne de conduite purement éclectique afin de construire le meilleur mode de vie pour l’enfant. Ils prennent conscience du monde dans lequel ils évoluent, le film narre leur parcours initiatique. Sans cesse à se questionner, Verona et Burt évoluent et se découvrent eux-mêmes, perçoivent le monde et les autres (cf. l’excellente scène sur le trampoline). Ainsi évolue ce road-movie jusqu’au dernier plan (magnifique) où Burt et Verona sont arrivés au bout du chemin (le point de départ d’ailleurs, dans la nature, presque au terme de la grossesse) et ont compris que les personnes avec qui va grandir l’enfant comptent bien plus que le lieu.

Le couple reste uni du début à la fin du récit et procure ainsi une bouffée d’air frais à la vue de nombreux films où le schéma conventionnel est scrupuleusement respecté (les deux membres du couple se quittent pour mieux se retrouver). L’approche psychologique des personnages est secondée et rendue très accessible par un humour de qualité (scènes hilarantes où Burt effraie Verona pour accélérer le rythme cardiaque du bébé, la scène de Burt et la poussette) garanti par un couple d’acteurs (John Krasinski & Maya Rudolph) d’un naturel exemplaire et des seconds rôles charismatiques.

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Avec ce cinquième long-métrage bien plus frivole que ses précédents (pris sur le vif, la photo du métrage est bien plus improvisée que celle ultra travaillée des Sentiers de la perdition) Mendes s’avère surprenant. Ce cinéaste apparaît comme une valeur de plus en plus fiable, étant talentueux dans différents genres ce qui fait la force de son œuvre dans sa généralité, qui n’en demeure pas moins cohérente pour autant.

Images : © Mars Distribution






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

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