Enrico Pitzianti –habitué des documentaires- signe avec Tutto torna (Tout revient) un talentueux premier film de fiction, en compétition au festival du cinéma italien d’Annecy. En amoureux de sa Sardaigne natale, le réalisateur la magnifie avec tendresse.Eternel retour
Massimo, vingt ans, quitte le petit village sarde et le cocon de la mamma pour affronter la grande ville, Cagliari. Il y est hébergé par son oncle, Giuseppe, qui lui offre du travail dans son bar branché. Mais les ambitions de Massimo sont ailleurs : il veut être écrivain. Pour son livre, il s’inspire alors de la voisine, une vieille dame récupérant dans son appartement des sacs entiers de déchets, chaque jour, au grand désespoir des habitants de l’immeuble. Puis, voilà que surgit dans la vie de Massimo une énigmatique cubaine, artiste repêchant le verre poli par la mer pour en faire des œuvres. Doux rêveur, le jeune Massimo va enfin se frotter à la vraie vie. Et à ses surprises.
Tutto Torna est le titre du roman qu’est en train d’écrire Massimo. Le thème du retour est traité avec finesse par le réalisateur, dans différents domaines : si tout revient dans le sens « recyclage », il en est de même pour les personnes. On retourne au point de départ après un échec cuisant, comme Giuseppe et Massimo. Mais ils ne sont plus vraiment les mêmes… Ces deux hommes, au départ si éloignés, se rendent compte de leurs ressemblances. Solitaires, intolérants –l’un raciste, l’autre homophobe-, ils apprennent beaucoup par l’insuccès momentané de leurs ambitions. Tout recommencera, avec un éclat nouveau. Comme pour ces objets qui, devenus inutiles, retrouvent une seconde vie sous des mains artistes.
Le réalisateur dédie ce film à ceux qui partent, à ceux qui arrivent, à ceux qui reviennent. On espère en tout cas revoir prochainement Enrico Pitzianti.