Quand s’ouvre un festival et se présente l’occasion de (re)découvrir des films en foule organisée, sous la course d’un seul regard, s’invite toujours la possibilité d’interroger le cinéma, en termes généraux. Le temps de l’évènement, chaque film a le doit à sa considération, à ses (dés)amours. En amont, s’écrivent des envies, des doutes, des interrogations ; entre enthousiasme et réticence.Pour cette troisième édition du festival Lumière consacrée au cinéma de répertoire, il est opportun de se demander qu’en est-il du « vieux cinéma » né sur les rubans d’argentique et dilué aujourd’hui dans la matière intangible du numérique ? Si le festival lyonnais n’entend pas y répondre explicitement, il a pris soin néanmoins d’organiser de nombreuses rencontres entre les cinémathécaires, les distributeurs spécialisés et les restaurateurs. À ne pas douter, vont être posées les questions de la numérisation croissante des films de patrimoine. Et quand les festivaliers de Lumière 2011 assisteront à la plupart des séances, sans qu’ils ne se formulent le problème, ils éprouveront une révolution en marche (et qui en appelle déjà une autre : le numérique 4K).

Depuis quelques mois déjà, la programmation du festival est connue. Motivé par une volonté ultra-populaire (dans une acception plutôt méliorative), Lumière 2011 croise différents évènements, majoritairement réunis sous l’égide de la cinéphilie française : Gérard Depardieu prix Lumière –choix mineur, en rupture avec l’aura internationale de Clint Eastwood et Milos Forman, précédents lauréats ; rétrospective Jacques Becker ; hommage à William A. Wellman… sous le patronage de Bertrand Tavernier ; flopée de rééditions de qualité de films de répertoire, avec Les Enfants du Paradis de Carné en tête. À cette devanture française, vient s’agglomérer quelques sections annexes, parmi les plus stimulantes : un cycle de cinq films autour des yakuza-eiga, avec trois films de Kinji Fukasaku (à qui et Tarantino, Miike et Kitano doivent beaucoup) ; un hommage à Roger Corman ; une nuit de la bande-annonce, qui promet de donner envie de voir plus d’un film en même temps qu’elle offrira l’occasion de sentir et penser les grammaires du teaser ; des muets (dont on rappelle, partout, trop peu combien ils expriment le cinéma, avec une fougue débridée, dans sa pleine vigueur) et une nuit de la science-fiction (qui couvre Le Voyage dans la Lune et 2001 : L’odyssée de l’espace en passant par Soleil vert, La machine à explorer le temps de George Pal et District 9).
Fin de séance, pour le dernier événement qu’il relatera avant de fermer ses portes, avant de laisser ses rédacteurs écrire le cinéma en d’autres lieux, s’autorisera l’éclectisme parmi toutes les propositions du festival, au choix des films qui suscitent la curiosité, à l’envie des séances qui motivent le désir.
Alors, rendez-vous donnés tous les jours à partir de demain pour suivre le mouvement général et particulier qui animera Lumière 2011.