Difficile d’échapper à la Coupe du Monde de football en ce moment. Même le cinéma profite de la vague pour accoucher d’un film honnête qui sans faire l’apologie de la violence, cerne assez bien le hooliganisme dans toute son ambiguïté.Ancienne championne d’arts martiaux, l’anglaise Lexi Alexander centre son premier film sur le phénomène européen du hooliganisme. En filmant des supporters violents du club londonien de West Ham qui accueillent un jeune américain étranger à cette culture (Elijah Wood), elle nous donne à voir l’un des aspects les moins positifs du football : le déchaînement des passions dans son extrême le plus dur.
Tout le film hésite entre la violence pure des scène d’affrontements entre clans rivaux, et la dimension sociale de son intrigue. Car ce que souligne le film à de nombreuses reprises, c’est la diversité des horizons sociaux qui se croisent dans les groupes de hooligans. De l’homme d’affaires à l’ouvrier en passant par le policier, c’est tout un peuple qui se retrouve tous les week-ends pour supporter l’équipe locale. La société britannique se retrouve mise en abîme dans ce microcosme particulier qu’est le groupe de supporters hooligans.
L’autre intérêt du film réside donc dans son traitement de la violence. Les scènes de batailles de rue entre les différents clans de supporters sont réalistes même si leur mise en scène accumule trop d’effets de style comme les flous et les ralentis (sans doute utilisés pour atténuer la violence de la scène). La plupart de ces séquences sont très violentes, des gros plans insistant là où ça fait mal, et de nombreux autres faisant couler beaucoup d’hémoglobines. Une violence qui dérange, et dont la crudité sert à rappeler le simplisme apparent de l’idéologie des hooligans. Simplisme contrebalancé par la complexité psychologique des personnages et de la société qui les entoure.

Dans cet univers très anglais, Elijah Wood campe avec conviction un américain chassé de Harvard qui se retrouve dans un environnement qu’il ne saisit pas au début, mais qu’il va apprendre à apprécier. A ses cotés, on notera la très belle composition de Charlie Hunnam, leader du groupe de supporters (instituteur le jour), et véritable vedette du film. On regrettera tout de même que le scénario quitte par moment cette étude sociale au profit d’une intrigue plus commerciale avec des luttes internes entre des personnages du même bord. La caractérisation de certains personnages laisse parfois à désirer tant elle tombe dans le cliché. Dans ces instants prévisibles, Hooligans est beaucoup moins captivant. Signe qu’il fallait vraiment accentuer l’étude sociologique d’un fait de société important, plutôt que de céder aux démons de la fiction.