"Il Divo", "Hunger" et "Two Lovers" vus en avant-première !
Par Julien Hairault, le 28 septembre 2008 2008 - automne - 12:22
À l’Institut Lumière ce week-end, on pouvait voir en avant-première trois beaux films présents au dernier festival de Cannes. Vendredi soir, l’italien Paolo Sorrentino présentait en personne Il Divo, Prix du Jury, tandis que le lendemain le public lyonnais pouvait découvrir Hunger de Steve McQueen (Caméra d’Or), et Two Lovers, la dernière œuvre de James Gray. Premiers avis sur trois films qui feront l’actualité cinématographique de l’Automne 2008.

IL DIVO de Paolo Sorrentino

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Pour son quatrième long-métrage, l’italien Paolo Sorrentino (dont on vous conseille le magnifique Les Conséquences de l’amour) marche sur les traces du cinéma de Nanni Moretti et plus précisement sur le grandiose Caïman réalisé par ce dernier en 2006. Ici, Toni Servillo (vu dans Gomorra) interprète Giulio Andreotti, homme politique véreux qui au début des années 90, et après des décennies de pouvoir, est en passe d’obtenir un septième mandat de Président du Conseil (le poste actuellement occupé par Silvio Berlusconi) au prix d’une politique sécuritaire où les assassinats politiques servent à effrayer la population. Il Divo est donc un film à charge. Sorrentino y dévoile la face cachée du microcosme politique italien, parrainé par la mafia et le Vatican, et où le cynisme règne en maître. Grâce à une mise en scène virtuose qui sait donner de l’ampleur aux tonnes de faits avancés dans la thèse à l’encontre de Andreotti, Il Divo arrive à faire oublier le poids des chiffres et l’accumulation de personnages mystérieux à l’écran. Si la confusion fait partie intégrante du scénario, révélant ainsi l’immense bordel que pouvait (peut ?) être l’état de la politique transalpine, il n’en reste pas moins un métrage maîtrisé de bout en bout et jallonné de séquences mémorables, à l’image du montage dynamique des éxécutions d’indésirables (juges, politiques, journalistes) dans la première bobine, ou encore de la présentation du clan Andreotti peu après.

HUNGER de Steve McQueen

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Le jeune anglais Steve McQueen, plus connu pour sa carrière de plasticien qui lui a valu une belle réputation dans le milieu de l’Art Contemporain, signe avec ce premier film une véritable bombe, justement récompensée d’une Caméra d’Or au printemps dernier. Retraçant la lutte des membres emprisonnés de l’IRA pour obtenir le statut de prisonnier politique de la part du gouvernement de Thatcher au début des années 80, Hunger revient aussi sur la grève de la faim de Bobby Sands, véritable martyr de sa cause. Il y a pour sur dans la mise en scène de Steve McQueen la trace d’un grand artiste. La composition de chaque plan est un délice graphique. Les scènes de violence sont terrifiantes, aidées en cela par une bande son travaillée à la perfection qui fait ressentir au spectateur la redoutable expérience que subit au même moment le prisonnier. La fin du métrage rappelle d’ailleurs le Martyr de Pascal Laugier, deux films traversés par cette même idée que la souffrance ultime n’est pas inutile. Reste que chez Steve McQueen, la grandeur de la mise en scène (quel incroyable plan-séquence fixe et dialogué ! ) suffit à faire de ce jeune artiste un cinéaste à suivre. Son premier effort cinématographique est de fait l’un des films les plus passionnants vu cette année, peut-être même le plus beau de tous !

TWO LOVERS de James Gray

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Un an seulement après le terrible La Nuit nous appartient, James Gray nous revient toujours accompagné de Joaquin Phoenix avec un film romantique, bien loin des drames policiers qui ont fait la force jusque là de la carrière du jeune cinéaste New-Yorkais (Little Odessa, The Yards). Mais Two Lovers, revenu bredouille de Cannes cette année (comme La Nuit nous appartient en 2007), n’est pas sans ressource, et l’on y retrouve de nombreux thèmes chers au réalisateur. Anti comédie romantique, Two Lovers prend racine dans la communauté juive New Yorkaise. Joaquin Phoenix (Leonard) travaille pour son père dans un pressing. Ses parents lui arrangent une rencontre avec une jeune femme, mais son coeur penche du côté de la belle Michelle (Gwyneth Paltrow), une voisine qui est la maîtresse d’un grand avocat. Sur ce canevas connu du genre mélodramatique, James Gray tire une chronique amoureuse savoureuse mais cruelle, presque immorale dans son dénouement. Si Two Lovers permet à James Gray de confirmer son implaccable talent à filmer une communauté et les êtres humains qui l’animent, le film est aussi l’occasion de découvrir un Joaquin Phoenix touchant et sensible, charmeur et drôle. Son interprétation est la plus grande qualité de ce très beau film.

Nous reviendrons bien entendu plus en détails sur ces trois beaux films à l’occasion de leur sortie respective en salles.

Images : © Studio Canal (Il Divo) © Becker Films International (Hunger) © 2929 Productions (Two Lovers)






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

Ces liens vous sont proposés par Fin de Séance, site d’analyse critique des films d’aujourd’hui, n’hésitez pas à nous contacter pour nous transmettre des liens équivalents pour d’autres villes.

Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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