Orgueil et préjugés (Un film de Joe Wright)
L’élégance britannique
Par Julien Hairault, le 21 janvier 2006 2006
Adapté d’un classique de la littérature britannique, Orgueil et préjugés laisse présager le pire avant d’arriver finalement à nous charmer.
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Romances en costumes et décors du 18ème siècle sont au programme de ce film anglais au scénario prévisible mais sauvé par la qualité de sa mise en scène. Madame Bennet a cinq filles qu’elle espère marier à de bons partis afin de leur assurer une vie descente. Keira Knightley joue l’une d’entre elles, un personnage en froid avec les coutumes de l’époque et qui cherche le vrai amour tout en refusant les propositions d’hommes fortunés...

Orgueil et préjugés s’inscrit directement dans une lignée de comédies romantiques qui met l’accent sur la situation pathétique des personnages et de leurs actions. Les errements du doublage de la version française accentuent la niaiserie de certaines scènes où les jeunes filles passent leur temps à glousser. Quelques rencontres entre les héroïnes et leurs amants sont souvent l’occasion de minutes un peu mièvres et presque risibles.

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Mais une fois les personnages et le décors plantés, Orgueil et préjugés sait prendre de la distance avec la pesanteur de son propos très romancé à l’eau de rose. Joe Wright évite les effets larmoyants et sa mise en scène arrive même à donner de l’épaisseur au sujet. En témoignent un plan-séquence remarquable parmi la foule des danseurs au cours d’un bal, et de nombreux autres plans où le cinéaste marie la beauté de la photographie à un montage élégant et savant : permettant aux comédiens de s’exprimer pleinement et de faire vivre au mieux leur personnage.

On a ainsi l’impression que Joe Wright se rend compte du poids trop important des intrigues amoureuses, et qu’il compense cette légèreté de ton par une mise en scène alléchante et rigoureuse. Le plaisir des yeux se double au fur et à mesure par celui des bons mots et des situations un peu plus complexes. La romance à fleur de peau que l’on entrevoit en début de projection disparaît assez vite. Joe Wright a bien raison de prendre son temps pour nous raconter cette belle histoire dont le happy-end final très prévisible ne gâche rien à notre plaisir.

Images : © Mars Distribution






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



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