Retour rapide sur le colloque qui s’est tenu à Caen ce week-end, et qui permettait de revenir aux différents traitements réservés par le cinéma, le théâtre ou la télévision, aux images de la guerre, et de l’après 11 septembre.Comment un évènement, une image, peut se faire matière et perturber les médias, les modes de représentations. Le colloque intitulé Les conflits post-11 septembre dans l’audiovisuel, le cinéma et le théâtre, et mis en place par le Café des images, les Cahiers du cinéma et le Mémorial de Caen, n’avait pas la prétention de donner une réponse prémachée, bien sous tous rapports. A travers différentes interventions de professeurs, chercheurs et étudiants sur différents médias comme la télévision les jeux vidéo, le cinéma etc., les intervenants ont allié leur savoir et leur connaissance pour tenter de comprendre comment une image telle que celle des attentats du 11 septembre pouvait avoir des répercussions et pouvait évoluer, se reproduire de différentes manières. Jean-Michel Frodon (Directeur des Cahiers du cinéma) est revenu sur le film de Brian De Palma, Redacted, en rappelant la multiplicité des images, et pour certaines d’entre elles leur côté artificiel. La projection du moyen-métrage Saïa de Florent Macie a permis de donner une nouvelle facette à la représentation du conflit en Afghanistan, en adoptant une esthétique poétique où les corps deviennent des silhouettes presque indiscernables.

Concernant le domaine télévisuel, la journée de samedi n’a pas suffit pour atteindre l’objectif qui était de tenter de voir comment les attentats du 11 septembre ont pu avoir des répercussions d’un point de vue formel sur les médias. Des analyses souvent très didactiques n’ont pas forcément fait avancer le débat. Les interventions de Laurent Veray et de Ghada Sayegh n’ont pas eu la chance d’avoir plus de temps malgré une excellente démarche analytique des images avec, pour le premier, une intéressante comparaison de la mise en image de la première guerre du golf, et la représentation du conflit Libanais pour la seconde.
Reste le théâtre qui n’a eu qu’une demi-journée pour tenter de tirer son épingle du jeu. Trop peu de temps mais des idées intéressantes et approfondies, avec l’intervention de Sophie Lucet sur la représentation du corps au théâtre après le 11 Septembre, et sur la façon de mettre en scène ce genre d’évènements. Cette intervention fut ponctuée par deux projections de captations, l’une concernant le discours d’Harold Pinter, l’autre de la lecture d’un texte de Michel Vinaver sur le 11 Septembre.
Au final, ce colloque aura permis d’étudier un peu plus en profondeur la question de l’image et de comment elle peut être traitée et analysée. Reste un travail d’analyse assez conséquent sur le sujet, notamment par une comparaison avec le film de Zapruder sur l’assassinat de Kennedy, qui a été abordé lors d’un débat. Jean-Michel Frodon a signalé que tous les films ayant pour sujet le 11 septembre ont subi un sort identique : l’échec commercial. Et si au final les images des attentats se suffisaient à elle-même, si au fond, aucune représentation du conflit était possible. Le 11 septembre ou l’impossible représentation.