OSS 117, Le Caire nid d’espions (Un film de Michel Hazanavicius)
Le festival Dujardin
Par Julien Hairault, le 24 avril 2006 2006
Hubert Bonisseur de la Bath alias OSS 117, est un espion français envoyé au Caire pour une mission spéciale : qui devra régler les conflits auxquels prennent part des russes, des anglais, des nazis nostalgiques et une secte religieuse locale.

Les comiques issus de la scène et de la télévision jouent au cinéma dans des films bien souvent bâclés dans un but strictement lucratif. Jean Dujardin, rendu célèbre par son personnage de Brice de Nice et la série Un gars une fille, se retrouve ici au milieu d’un projet qui dépasse de loin la moyenne des comédies commerciales françaises de ces dernières années. De plus, l’acteur s’impose comme le meilleur comique de sa génération, prenant exemple à la fois chez des modèles français (De Funès) et étrangers (Jim Carrey, Steve Martin). Dans OSS 117, Dujardin joue un espion inculte, solide physiquement, et très français dans sa façon de penser : si l’on regarde ses nombreux écarts de langage racistes, misogynes ou homophobes, à l’égard du peuple égyptien du milieu du siècle dernier.

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La réussite du film repose toute entière sur le jeu de son acteur principal. Dujardin réalise ici une grande performance d’acteur, manipulant son corps et surtout son visage pour exprimer avec subtilité et intelligence les changements de comportement. Il peut provoquer les rires avec une simple manipulation des sourcils, ou par son phrasé très travaillé. Car le succès de cette comédie tient aussi dans sa production. Ecrit par des scénaristes issus de Canal+ (les Nuls, Les guignols), le film charme par l’application avec laquelle il prend le temps d’installer l’intrigue et les personnages. On trouve de nombreux mots bien placés, et des gags vraiment drôles (le poulailler, la chanson de Dalida chantée en arabe...) tout au long du film. De plus, quelques références cinéphiliques aux genres des films noirs et d’espionnages apportent encore un peu plus de mordant à la grande farce à laquelle on assiste.

Drôle et futé, OSS 117 est une comédie française comme on aimerait en voir plus souvent. A sa tête, l’excellent Jean Dujardin épate et nous impose son talent avec une classe certaine. On espère que ses prochains films seront tous aussi bien construits, et que cet OSS 117 marquera les débuts d’un nouvel âge d’or de la comédie française, en berne depuis trop longtemps.

Images : © Gaumont Columbia Tristar Films






Le 25 mai prochain, après une compétition d’une dizaine de jours, le jury du 61ème Festival de Cannes présidé par Sean Penn, décernera la tant attendue Palme d’Or au meilleur film de la sélection. En attendant d’en savoir plus, la rédaction de Fin de Séance vous livre ses cinq oeuvres palmées préférées :

  1. Pulp Fiction de Quentin Tarantino
  2. Taxi Driver de Martin Scorsese
  3. Elephant de Gus Van Sant
  4. Barton Fink de Joel & Ethan Coen
  5. Apocalypse Now de Francis Ford Coppola


Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

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