Notules Printemps 2010 : "Green Zone", "Precious", "Nénette" & "Breathless"
Par Morgane Pichot, le 25 mai 2010 2010 - printemps - 10:15
Retour sur quatre films sortis au Printemps dans nos salles : les américains Green Zone et Precious, le français Nénette, et le coréen Breathless.

PRECIOUS de Lee Daniels

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Clareece "Precious" Jones n’a vraiment rien pour elle tant le sort s’acharne à lui rendre la vie dure : femme, noire, obèse, pauvre, battue par sa mère, violée par son père depuis l’enfance, malade, mère d’une fille trisomique, enceinte du deuxième, analphabète ! Le film chronique quelques mois de la vie de l’adolescente. D’un coté l’intégration dans une "école alternative", de l’autre la fuite du domicile maternel devenu un enfer. Sans misérabilisme, sans message et sans manichéisme, Lee Daniels propose dans cette plongée au cœur des ghettos afro-américains, le portrait d’une jeune femme somme toute assez ordinaire, loin d’être héroïque. Elle se bat plus ou moins contre sa condition, davantage en tentant de la contourner qu’en l’affrontant. Le scénario est porté par de très bons acteurs, notamment Lenny Kravitz et Maria Carey, méconnaissables. Dommage que la mise en scène ait recours assez souvent a des effets, ralentis surtout, loin d’être indispensables.

NENETTE de Nicolas Philibert

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Tea Time chez les orangs-outans. Tous les jours, à 16h30, les 4 singes roux de la ménagerie du Jardin des plantes, reçoivent chacun 1 litre de thé. Nénette dévisse sa bouteille , ouvre son yaourt, lèche la languette, mange le yaourt, puis verse un peu de thé dans le plastique vide dont elle se sert comme d’un verre. On ne fait que voir Nénette, on ne fait qu’entendre les spectateurs qui lui prêtent facilement tel ou tel sentiment. Anthropomorphisme facile ou véritable réflexion sur la condition humaine, l’ennui, le voyeurisme, la considération de l’autre, la société du spectacle ? Le film de Nicolas Philibert ne s’aventure que trop peu sur ce second aspect, se perd avec des extraits et des remarques de visiteurs sans grand intérêt. Les incessants questionnements des humains ne laissent pas le temps à l’image et aux singes de donner quelques réponses ou enrichir la réflexion. Il aurait sans doute été appréciable d’insister sur le dispositif, sur certaines idées : la culpabilité des soigneurs d’imposer la captivité, l’épaisseur de la vitre qui démontre, au contraire de l’anthropomorphisme, les différences et la méfiance entre l’homme et le grand singe, et puis l’ennui insondable de l’animal.

GREEN ZONE de Paul Greengrass

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Après Bloody Sunday et Vol 93, Paul Greengrass poursuit caméra à l’épaule sa traversée de l’histoire contemporaine quant elle s’embourbe dans l’injustice, l’incompréhension, l’occupation... Avec Green Zone, il atteint l’essentiel en touchant aux tenants diplomatiques, militaires mais aussi humains de cette guerre, et réalise ainsi l’un des meilleurs métrages consacrés à l’Irak. De la séquence d’ouverture de la première nuit de bombardements du 19 mars 2003 jusqu’à la confirmation que l’armée et le gouvernement américain ont dissimulé la vérité quant à l’absence de sites d’armes de destruction massive, le cinéaste et l’acteur, épatant Matt Damon, tous deux en immersion, ne laissent aucun temps de répit au spectateur, pris dans un rythme effréné à même de retranscrire le chaos et la tension qui règnent.

BREATHLESS de Ik-June Yang

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Breathless est un film plein de violence mais elle n’est pas gratuite. Autant parce que Sang-Hoo, le protagoniste principal, est recouvreur de dettes et y décharge sans remords toute sa colère, que parce que le film retranscrit avec intelligence les conditions de son émergence. Quand la violence sociale (endettement, humiliation au travail, précarité, prison) entrainent alcoolisme, violence conjugale et individuelle. Petit à petit, grâce à sa rencontre avec Yeon-Hee, écorché vive elle aussi mais il ne le sait pas, le héros progresse vers le rejet de cette violence et vers le pardon. La caméra portée accompagne les deux héros dans leur lutte au quotidien et s’apaise elle aussi, tremble de moins en moins, jusqu’à trouver un certain équilibre, la mort subite pour l’un, le deuil, l’indépendance et l’amitié pour l’autre.

Images : © ARP Sélection © Tadrart Films © StudioCanal






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

Ces liens vous sont proposés par Fin de Séance, site d’analyse critique des films d’aujourd’hui, n’hésitez pas à nous contacter pour nous transmettre des liens équivalents pour d’autres villes.

Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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