Un film de femmes sur la liberté : amour, philosophie, banlieue et judaïsme...En référence à l’importante population juive qui l’habite, un quartier de Sarcelles est surnommé La petite Jérusalem. Pour son premier film, Karin Albou met en scène la quête de liberté d’une jeune fille juive partagée entre la raison et la foi.

Autour du thème central de la liberté s’articulent les notions de rite, de corps et de groupe. Le rite est omniprésent. Au travers de la pratique de la foi juive bien sur, mais aussi avec le rituel de la "promenade kantienne" que s’impose quotidiennement Laura (obéir à des règles strictes qu’on se fixe soit même était pour Kant une des clé de la liberté). Le corps est également sujet à question. Celui de Mathilde (Elsa Zylberstein) qui le remet en cause à la suite des tromperies de son mari ; celui de Laura qui l’offre à Djamel peut-être plus pour revendiquer sa liberté que par amour. Le groupe, enfin, est un fardeau. Le film dénonce le poids des autres, la pesanteur de la communauté ou de la famille. Le groupe constitue une barrière pour l’amour (entre Laura et son ami musulman), il nie l’intimité (la mère qui "espionne" sa fille au téléphone).
Pour mettre en scène ces différents thèmes, Karin Albou use de longues séquences emplies de mélancolie. La jeune Laura, campée par une Fanny Valette prometteuse, est là bouillonnante, lassée de la monotonie de sa vie qu’elle voudrait exaltée, et contraste avec la totale soumission de Mathilde.