La Petite Jérusalem (Un film de Karin Albou)
Où es-tu liberté ?
Par David Honnorat, le 12 janvier 2006 2006
Un film de femmes sur la liberté : amour, philosophie, banlieue et judaïsme...

En référence à l’importante population juive qui l’habite, un quartier de Sarcelles est surnommé La petite Jérusalem. Pour son premier film, Karin Albou met en scène la quête de liberté d’une jeune fille juive partagée entre la raison et la foi.

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Autour du thème central de la liberté s’articulent les notions de rite, de corps et de groupe. Le rite est omniprésent. Au travers de la pratique de la foi juive bien sur, mais aussi avec le rituel de la "promenade kantienne" que s’impose quotidiennement Laura (obéir à des règles strictes qu’on se fixe soit même était pour Kant une des clé de la liberté). Le corps est également sujet à question. Celui de Mathilde (Elsa Zylberstein) qui le remet en cause à la suite des tromperies de son mari ; celui de Laura qui l’offre à Djamel peut-être plus pour revendiquer sa liberté que par amour. Le groupe, enfin, est un fardeau. Le film dénonce le poids des autres, la pesanteur de la communauté ou de la famille. Le groupe constitue une barrière pour l’amour (entre Laura et son ami musulman), il nie l’intimité (la mère qui "espionne" sa fille au téléphone).

Pour mettre en scène ces différents thèmes, Karin Albou use de longues séquences emplies de mélancolie. La jeune Laura, campée par une Fanny Valette prometteuse, est là bouillonnante, lassée de la monotonie de sa vie qu’elle voudrait exaltée, et contraste avec la totale soumission de Mathilde.

Images : © Océan Films






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
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