Renaissance (Un film de Christian Volckman)
Paris 2054
Par Julien Hairault, le 27 mars 2006 2006
En 2054 Paris n’a pas changé, sauf que la technologie s’est invitée à chaque coin de rue et dans le quotidien de la population. Une jeune femme travaillant pour Avalon (une multinational de cosmétique) est enlevée et recherchée par la police et des malfrats. On apprend peu à peu qu’elle pourrait se trouver au sein d’un trafic d’identité...

Le cinéma d’animation français se fait rare dans les salles. Souvent destiné aux enfants (le meilleur exemple étant Kirikou), il n’avait jusque là jamais impressionné sur le plan formel. Il faudra désormais compter avec Renaissance pour pallier à ce manque et ainsi prouver que des créateurs hexagonaux ont du talent, beaucoup de talent.

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De l’animation classique à la motion picture, Renaissance fait appel à des techniques variées pour accoucher d’une ambiance en noir et blanc qui s’inspire de Sin City (la BD) et Blade Runner (pour les somptueux décors d’un Paris futuriste). Un polar urbain à l’esthétique soignée qui n’oublie pas d’accorder autant d’importance au scénario, véritable parent pauvre du cinéma de S.F. français (comme en témoignait Immortel d’Enki Bilal). Ici, l’intrigue qui est parfois brouillonne, reste suffisamment compréhensible pour ne pas parasiter notre lecture du film.

On ne peut également passer à coté du discours sous-jacent du film, qui offre une deuxième grille d’interprétation de ce dernier. Renaissance met en avant la quête de l’éternelle jeunesse des corps, voire, de l’immortalité. Celle-ci passe par le truchement de la nature, de l’état d’origine. Cette transformation passe au cinéma par l’utilisation du numérique et des effets spéciaux, ce dont le présent film est nourrit d’un bout à l’autre.

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Plus qu’un simple film de science-fiction tendant vers l’action et le spectacle immédiat, Renaissance sait donc aussi proposer un discours critique envers l’emprise de la technologie et de ses dérives sur le comportement humain. Comme tout bon film de science-fiction qui se respecte, le bijou de Christian Volckman en dit long sur nos sociétés contemporaines : corrompues par le vice et l’argent.

Malgré la belle froideur de son image aux contrastes saisissants : Renaissance arrive à laisser de la place aux sentiments humains, qui ici sont tout de même teintés de noirceur. Tout le film trouve un juste équilibre entre la performance éclatante de la réalisation, et la description d’une société futuriste qui évoque celle de nos jours. Le fond ne prend jamais le dessus sur la forme, et inversement. L’harmonie est parfaite. Ce premier essai pour le cinéma d’animation français de science-fiction est plus que concluant, et charme d’abord par son manque de naïveté, défaut si habituel des production hexagonales qui tentent de s’aventurer dans des domaines qui lui sont d’ordinaire étrangers.

Images : © Pathé Distribution






Le 25 mai prochain, après une compétition d’une dizaine de jours, le jury du 61ème Festival de Cannes présidé par Sean Penn, décernera la tant attendue Palme d’Or au meilleur film de la sélection. En attendant d’en savoir plus, la rédaction de Fin de Séance vous livre ses cinq oeuvres palmées préférées :

  1. Pulp Fiction de Quentin Tarantino
  2. Taxi Driver de Martin Scorsese
  3. Elephant de Gus Van Sant
  4. Barton Fink de Joel & Ethan Coen
  5. Apocalypse Now de Francis Ford Coppola


Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

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