Des bas fonds de Mexico à St James Park, ce film sur le foot nous raconte l’ascension exceptionnelle d’un génie du ballon rond. On s’y croirait...Santiago a un don pour le football, un ancien joueur anglais le repère à LA et va tout mettre en oeuvre pour qu’il puisse jouer dans son ancien club : Newcastle United. Goal ! : naissance d’un prodige, premier épisode d’une trilogie suit le schéma le plus classique de la success story.
A ma droite : La nuit est électrique. Déjà on sent l’odeur de la viande grillée, offerte à la foule. On tremble un peu. Au loin c’est le murmure des fous. La rumeur nous appelle. Le bourdonnement devient plus clair et l’on perçoit les chants. Alors on monte les marches, d’abord par quatre, et puis, à mesure que l’on s’approche du sommet, on réduit la foulée. Un dernier pas timide et ça y’est ! Le grand rectangle vert se déplie sous nos yeux, c’est l’enfer du stade.
A ma gauche : Dehors il pleut. On est en avance. Peu importe, on pousse la porte et on prend un ticket. "Pour la séance patientez un instant". Il y a des photos punaisées derrière la vitre. Est-ce que ce sera bien cette fois-ci ? "Salle 2 à droite en haut de l’escalier". On s’installe, un peu au fond, caché. On se lève, quelqu’un veut passer. Les lumières s’éteignent, le film commence.
La réunion des deux spectacles sans doute les plus populaires de notre temps relève du fantasme pour ceux qui, comme moi, sont déchirés les mercredis soirs entre les exploits de Juninho et les sorties ciné de la semaine. Car rarement un film avait été aussi centré sur le foot. On garde en tête quelques comédies plus ou moins réussies (Didier, Shaolin Soccer, 3 Zéro...) ou des sujets sociaux plus ou moins dans le cadre du foot (Bend it Like Beckham, Les Collègues, Coup de Tête...), mais ici l’enjeu est différent, Goal ambitionne d’être un film sur le foot "comme en vrai".

La volonté de réalisme est en un sens problématique puisqu’elle fait de Goal un film à licence. Les noms des clubs, les joueurs, les sponsors, ils sont tous là, vous pourrez après la séance acheter les crampons officiels du film ! Ne nous y trompons donc pas, Goal est un film tout ce qu’il y a de plus commercial. Ainsi, le personnage de Santiago est quasi-publicitaire, alors que les héros de ce genre de films sont habituellement en proie à quelque vice, Santiago est un modèle d’innocence.
Mais comme une production Lawrence Bender mérite toute notre indulgence, avouons que la magie finit par fonctionner. On ne saute pas de joie quand le héros marque un but décisif, mais c’est tout comme. Goal est un film plat et sans surprise, mais il arrive avec sérieux à ses fins. Contrairement à Bend it Like Beckham où le foot n’est qu’un prétexte, Goal réussit à en faire l’enjeu principal de son récit.