Basic instinct 2 (Un film de Michael Caton-Jones)
Pic à glace en berne
Par David Honnorat, le 10 avril 2006 2006
Une scène d’interrogatoire, où les jambes d’une blonde sulfureuse et sans culotte se croisent et se décroisent, avait permis à Basic instinct, film erotico-policier de 1992, de figurer parmi les long-métrages les plus cultes des années 90.

14 ans après, les retrouvailles de Sharon Stone (plus belle que jamais) avec son personnage d’alors dans une suite au titre redoutablement original (Basic instinct 2) faisaient donc figure d’événement.

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Il ne faut pas longtemps pour s’en apercevoir, Basic instinct 2 est nul. Reprenant tous les ingrédients du premier volet, le film apparaît comme une version light de Basic instinct. Moins de rythme, moins de suspense, moins de tenue et moins de sexe, le film fait dans la surenchère, la surenchère du rien. Ne se limitant pas à repomper largement le scénario du premier épisode (Catherine Tramell, auteur, use de ses charmes pour faire tourner la tête d’un homme, en l’occurrence un psy, sensé enquêter sur elle, et s’en inspire pour écrire un roman) Basic instinct 2 multiplie les clins d’oeil toujours plus lourdingues (la scène de l’interrogatoire ici remplacée par une séance chez le psy avec le dossier de la chaise pour cacher d’une fausse pudeur ridicule l’entre-jambe).

Aboutissement d’un projet lancé par MGM en 2000 et ayant connu de nombreux rebondissements (Lire Premiere Avril 2006, p 17-18) le film, finalement tourné pour des raisons juridiques et financières, avait peu de chances d’être une réussite. Il y a tout de même de quoi avoir des regrets quand on sait que David Cronenberg a été, un temps, susceptible de le réaliser. Au final, ne reste qu’un pur produit marketing, édulcoré, pour que l’interdiction soit baissée à 12 ans (16 ans pour le premier épisode), et gardant assez de mystère sur ce que le tournage a pu produire d’obscène pour préparer la vente des DVD garnis de scènes coupées. On se contentera d’en rire en le rangeant parmi les innombrables suites ratées qu’a pu pondre Hollywood et en évoquant, à l’occasion, l’utilisation grotesque de la tour du 30 St Mary Axe de Londres en pittoresque symbole phallique.

Images : © Océan Films






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
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