Présenté à Cannes en mai dernier, le dyptique de Steven Soderbergh sur la vie du Che fait partie des grands projets cinématographiques attendus de ces prochains mois. A Lyon, on a pu voir en avant-première L’Argentin, la première partie de ce projet. Premier avis critique, en attendant d’y revenir plus longuement lors de la sortie des deux films en janvier prochain.Che - L’Argentin est un grand film, pas au niveau de ses qualités cinématographiques, mais dans l’immense chantier artistique qu’il a nécessité pour sa réalisation. C’est aussi un bon film de guerre, et l’hagiographie prudente et respectueuse d’une figure légendaire de l’anti-capitalisme mondial. Il faut reconnaître le travail de fourmi accompli par Soderbergh et son équipe, qui accouche d’un scénario bouillonnant où les moments forts ainsi que le quotidien du Che fusionnent dans la jungle cubaine, au moment de la révolution. Cette première partie met également en scène l’intervention à l’ONU du personnage, et suit en fil rouge l’interview que le leader révolutionnaire a pu donner aux journalistes américains à New-York.

Mais au delà du film historique informatif, Che - L’Argentin mérite(ra) le détour pour le travail d’écriture et de montage opéré par Steven Soderbergh. Le cinéaste américain qui restait sur quelques déceptions (The Good German en particulier), signe là son grand retour, et confirme ses aisances dans la production de récits clairs et bien ficelés. Avec une incroyable facilité, Soderbergh s’amuse avec des tonnes de faits et les condense en une succession de scènes aussi courtes que magnifiquement bien écrites. Toujours soucieux de coller à la vérité historique, Che - L’Argentin n’est pas un modèle de film de guerre, ni même un biopic parfait. Mais l’association du talent du cinéaste avec celui du comédien Benicio del Toro assurent tout de même un spectacle divertissant et intelligent.