Rétro 2008 > Les personnalités de l’année
Par Julien Hairault, le 17 décembre 2008 2008 - automne - 21:58
Ils viennent de HongKong, des Etats-Unis ou d’Europe, et ils sont les plus beaux représentants du cinéma mondial de cette année. Déjà connus avant 2008, ces six (sept en fait) personnalités ont marqué ces douze derniers mois en œuvrant dans au moins deux beaux films. Retour sur ces hommes et femmes qui nous ont fait vibrer, en attendant un prochain article qui reviendra sur les nouveaux visages du septième art mondial...

Ethan et Joel Coen

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On attendait leur retour avec impatience, non pas que les frères Coen aient un jour disparu de la circulation, mais leurs derniers films n’avaient pas vraiment laissé de traces, trop dans le compromis, la comédie facile, et même mauvais en ce qui concerne Ladykillers. 2008 fut donc l’année de la rédemption, entamée par le sublime No Country for Old Men, polar tirant sur le western crépusculaire, et portrait magnifique d’une Amérique dépassée, mais toujours génératrice de mythes intemporels, de drames bouleversants et d’une violence inouïe. On reviendra un peu plus loin sur Josh Brolin et Javier Bardem, deux des interprètes de ce métrage justement couvert d’Oscars au début de l’année. Puis, plus près de nous, Burn After Reading vint confirmer, malgré toutes les craintes que l’on pouvait avoir concernant cette comédie qui rappelait trop dans son pitch le médiocre Intolérable cruauté, le renouveau du cinéma des frères Coen, qui ici retrouve la savante bêtise de The Big Lebowski, interprétée par un casting royal et délirant. Les Coen sont bel et bien de retour, parés à reprendre le contrôle d’un cinéma américain indépendant à la recherche de valeurs sures, et de grands films rassembleurs.

- Lire l’analyse critique de No Country for Old Men
- Lire l’analyse critique de Burn After Reading

Toni Servillo

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On parle souvent, et à raison, de la « renaissance » du cinéma italien. Si le terme est un peu galvaudé, et sans doute utilisé un peu trop vite en ce qui nous concerne ici, un acteur a toutefois brillé par sa présence dans deux des longs-métrages les plus intéressants de l’année. A bientôt cinquante ans, le comédien transalpin Toni Servillo a dans un premier temps pris part en 2008 au sulfureux Gomorra, élu récemment meilleur film européen de l’année. Le film de Matteo Garrone sur la mafia napolitaine est un geste politique aussi important que le Il Divo de Paolo Sorrentino, où Servillo tient le premier rôle, celui de Giulio Andreotti, crapule politique italienne du début des années 90. Deux films puissants, engagés sur le terrain glissant de la politique et de la critique d’un même système, d’un même pays qui se laisse guider par les cyniques. A quand de telles prises de position en France, sous le biais de la fiction, du biopic ?

- Lire l’analyse critique de Gomorra
- Lire un premier avis critique sur Il Divo

Javier Bardem

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Sa coupe de cheveux dans No Country for Old Men des frères Coen masquait mal la violence et la rugosité du personnage sauvage et psychopathe qu’il incarnait dans ce magnifique chef d’oeuvre. Ce serial killer officiant avec un canon à air comprimé restera comme la plus terrifiante incarnation du mal au cinéma cette année (titre que peut toutefois lui disputer le Joker dans The Dark Knight, là aussi, on y reviendra). Quelques mois plus tard, en Espagne, et sous la direction de Woody Allen, Javier Bardem changeait de registre et se la jouait artiste sensible, aux côtés de Scarlett Johansson et Penelope Cruz. Vicky Critina Barcelona, film mi-figue mi-raisin, a au moins le mérite de souligner la souplesse et le talent d’un acteur incroyable qui sera en 2009 à l’affiche de Biutiful, le nouveau film d’Alejandro Gonzales Inarritu.

- Lire l’analyse critique de No Country for Old Men

Johnny To

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On ne présente plus le maître du polar hongkongais, révélé au monde entier par The Mission il y a dix ans. Depuis, sa mise en scène a fait des ravages et de nombreux émules. Mais personne n’a jusque là réussi à copier le style unique de cet auteur fantastique, de ce metteur en scène d’exception qui est aujourd’hui le seul à filmer une fusillade avec autant de grâce et de beauté. En 2008, on a pu voir Mad Detective et Sparrow, deux films atypiques dans la filmographie de Johnny To. Le premier, polar très noir, séduisait par sa violence limitée et une atmosphère onirique inquiétante. Le second, dépourvu de coups de feu et d’effusion de sang, était une étonnante comédie nostalgique, marquée par le désir du cinéaste de rendre hommage à la ville de sa vie, de son œuvre : Hong Kong. La Cinémathèque ne s’est d’ailleurs pas trompée en proposant au début de l’année une riche rétrospective de son œuvre (partiellement présentrée à l’Institut Lumière de Lyon également), avec notamment de très nombreux inédits. Prolifique comme personne, Johnny To est déjà parti sur de nouveaux projets, dont une suite très attendue de PTU.

- Lire l’analyse critique de Mad Detective
- Lire l’analyse critique de Sparrow

Tilda Swinton

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L’actrice britannique Tilda Swinton aura marqué les esprits cette année par ses prestations remarquables dans trois films aux univers différents. On l’a d’abord vu dans Julia, du français Erick Zonca, où elle livre une performance éblouissante de femme alcoolique fatiguée, qui pour régler ses dettes, enlève un enfant de huit ans. Tourné en Californie et au Mexique, ce très beau (et long) film est malheureusement passé inaperçu à sa sortie. On retrouva Tilda Swinton dans le plus discret mais non moins important L’Homme de Londres de Bela Tarr, là aussi un projet difficile. Enfin, c’est dans le très drôle Burn After Reading des frères Coen qu’elle se confronta sans aucun doute à une plus grande audience (bien qu’elle joua également dans Le Monde de Narnia, second chapitre), au sein d’un prestigieux casting orchestré par les frères Coen (encore eux !?). Bouleversante et tragique chez Zonca, mystérieuse pour Tarr, drôle et rigide à la fois dans Burn After Reading, Tilda Swinton a de nouveau prouvé cette année la grandeur de son talent en se mettant en danger dans trois beaux métrages. On la retrouvera en début d’année chez Fincher (L’Etrange histoire de Benjamin Button), et plus tard chez Jarmush (The Limits of control), avec qui elle a déjà collaboré sur Broken Flowers.

- Lire l’analyse critique de Julia
- Lire l’analyse critique de L’Homme de Londres
- Lire l’analyse critique de Burn After Reading

Josh Brolin

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N’y voyez pas de notre part l’envie de mettre le plus en avant possible l’excellente année des frères Coen à travers leurs acteurs. Mais Josh Brolin, magnifique dans le rôle du fugitif dans No Country for Old Men, a aussi et surtout porté sur ses épaules cette année, le difficile rôle du Président Bush, dans l’honnête biopic de Oliver Stone, W. - L’improbable président (c’est que 2008 fut l’année de l’Amérique, avec comme point d’orgue l’élection de Obama à la Maison Blanche). Mais Brolin est un grand, déjà à l’affiche ces dernières années de quelques très bons films (Dans la vallée d’Elah, Planète Terreur, American Gangster), et bientôt dans le très attendu Milk, de Gus Van Sant. Un acteur à suivre donc, qui s’est offert cette année ses deux plus beaux rôles.

- Lire l’analyse critique de No Country for Old Men
- Lire l’analyse critique de W.- L’improbable président


Jusqu’au 5 janvier prochain, vous pouvez nous adresser vos Top10 par mail, à contact@findeseance.com.

Le Top10 des amis et lecteurs de Fin de Séance sera publié sur le site au début du mois de janvier.

Images : © StudioCanal (Tilda Swinton, les Frères Coen) © Océan Films (Toni Servillo) © Paramount Pictures France (Josh Brolin, Javier Bardem) © Collection AlloCiné / www.collectionchristophel.fr (Johnny To)






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
- La Cinémathèque de Toulouse
- Le Ciné-Club de Caen

Ces liens vous sont proposés par Fin de Séance, site d’analyse critique des films d’aujourd’hui, n’hésitez pas à nous contacter pour nous transmettre des liens équivalents pour d’autres villes.

Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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