Nous étions passés, à sa sortie en mai dernier, à côté d’une critique de ce merveilleux film d’Arnaud Desplechin, qui pourtant avait marqué l’ensemble de la rédaction. Un conte de Noël sort ce mois-ci en Dvd, l’occasion pour nous de rattraper notre erreur avec une petite notule sur le film.La sortie dans les bacs de Un conte de Noël nous permet aujourd’hui de toucher quelques mots de ce magnifique drame familial, choral, et orchestré d’une main de maître par Arnaud Desplechin. L’histoire, on s’en souvient, est celle d’une famille qui se réunit à l’approche des fêtes de fin d’année, autour d’une mère malade (Catherine Deneuve) donc le seul espoir réside dans la moelle épinirère du fils détesté de tous, et joué avec brio par le toujours incroyable Mathieu Amalric.

C’est un film choral comme il en existe beaucoup et peu à la fois. Les réunions de famille sont propices aux drames cinématographiques et offrent souvent aux comédiens français l’occasion de briller. Mais Arnaud Desplechin dépasse le simple exercice de style générique en faisant de son Conte de Noël le théâtre d’expériences de cinéma, lorgnant très souvent du côté de la Nouvelle Vague et de ses disgressions narratives et formelles.
Mais, c’est bien l’intelligence du scénario et la dûreté des dialogues (égale à ceux de Rois et Reine) qui impressionnent ici. Les sentiments humains, aussi pervers que violents - surtout prononcés dans le cadre familial, sont déclamés avec un naturel déconcertant par une troupe d’acteurs au diapason. D’une situation quasi-bannale, Desplechin tisse une pièce humaniste et médisante à la fois, où les rebondissements se font par la parole et les révélations.
Il faudrait prendre le temps de se pencher davantage sur la question, et revenir plus longuement sur ce film si important. En cette période de fêtes, nous nous devions toutefois de souligner l’immense considération que toute l’équipe de Fin de Séance porte pour ce film majeur.