Retour rapide sur cinq films inégaux et décevants (pour ne pas dire mauvais pour au moins trois d’entre eux : Scar 3D, Safari et Ne me libérez-pas je m’en charge), sortis entre mars et avril 2009.
SCAR 3D de Jed Weintrob

Malgré la présence de l’excellente Angelina Bettis au casting, Scar 3D se hisse à peine au niveau d’un mauvais direct-to-dvd issu d’un quelconque bac à solde de supermarché. Cette histoire de torture orchestrée par un serial-killer aux motivations plus que floues ne profite jamais de son procédé pourtant performant (la 3D donc) alors qu’il s’agit pourtant de l’unique raison de sa sortie en salles. Stupide de bout en bout, mal interprété et horriblement filmé, Scar 3D a pour seul mérite de nous habituer à la trois dimensions avant la vague des films en relief à venir. Un plaisir coupable à la rigueur…
par Julien Dumeige
SAFARI de Olivier Baroux

Seconde réalisation d’Olivier Baroux après la dissolution tacite du duo Kad&Olivier, Safari réunit une nouvelle fois les deux comiques, chacun d’un côté de la caméra, pour un film résolument raté dans toutes ses ambitions, à savoir faire une comédie d’aventure à la française. La mise en scène de Baroux se désintéresse systématiquement de ses effets comiques, réduits à des pitreries à la fois surannées et inoffensives. Hésitant entre un documentaire carte postale et un style filmique télévisuel, celle-ci délaisse certaines idées potentiellement réjouissantes (le faux village tribal pour touristes) au profit d’une intrigue aussi passionnante que le verso d’une boîte de céréales. Dénué de tout enjeu narratif, Safari semble durer 3 heures et risque de provoquer à tout instant chez le spectateur une chute d’attention proche du sommeil assez inquiétante pour une comédie qui se voudrait légère et divertissante. Le résultat ressemble au renoncement total d’un personnage pourtant sympathique (Olivier) qui peine à trouver une véritable issue à sa carrière.
par Julien Dumeige
MONSTRES CONTRE ALIENS de Rob Letterman et Conrad Vernon

Nouvelle production Dreamworks, qui malgré la qualité de son animation continue à faire pâle figure face aux longs métrages de Pixar, Monstres contre Aliens propose une prouesse technique assez bluffante au service d’une esthétique peu ambitieuse qui manque de personnalité. Il en va de même pour le scénario qui se révèle assez quelconque et se repose un peu trop sur ses références (les monsters movies des années 50). Celles-ci restent cependant le gros point fort du film puisqu’il fait côtoyer des personnages dérivés de la femme de 50 pieds, la mouche (version 50’s) ou encore Mothra dans le but d’enrayer une invasion extra-terrestre. Pas sûr que le public ciblé en priorité apprécie pleinement cette coquetterie. Il est d’ailleurs amusant de constater que le discours se situe à l’exact opposé de Bee movie (qui appelait au conformisme), pourtant issu du même studio, puisqu’ici l’héroïne finit par préférer sa vie palpitante de monstre à une humanité plus prosaïque qui menacerait son individualité. Bien qu’il manque cruellement de génie et d’identité propre, Monstres contre Aliens se laisse suivre sans déplaisir, ce qui est déjà pas mal.
par Julien Dumeige
NE ME LIBEREZ PAS JE M’EN CHARGE de Fabienne Godet

Michel Vaujour, ennemi public n°1 en France dans les années 80, et plus connu pour avoir réalisé quelques spectaculaires évasions de prison (dont une prise d’otage dans un Palais de Justice), est le sujet filmé du documentaire de Fabienne Godet. Un portrait intime du "personnage", dont le résultat final, incroyablement long (près de 2h), déçoit et lasse très vite. Le parti pris de la réalisatrice, de filmer en gros plan Vaujour raconter sa vie (oui la prison c’est l’enfer, dehors c’est mieux !), est indigne d’un film de cinéma, et aurait mérité une simple diffusion télé dans un 52 minutes. Si quelques séquences intéressent et touchent (la belle rencontre entre Vaujour et ses neveux), l’ensemble est très limité, et dans le propos, et dans la forme.
par Julien Hairault
A TRAVERS LA POUSSIERE de Shawkat Amin Korki

Pendant l’invasion de l’Irak par les Américains en 2003, les combattants kurdes (Peshmergas) luttent contre les troupes de Saddam Hussein dans des conditions chaotiques. Deux d’entre eux sont chargés d’une mission de ravitaillement et trouvent un garçon arabe de 5 ans perdu sur la route... Premier film kurde (même si produit principalement par la France) depuis la chute de Saddam Hussein, A travers la poussière est un mélodrame world pavé de bons sentiments et bourré de défauts techniques qui font tout le charme du film. Les errements des personnages dans la ville en ruine, sous les bombardements, possèdent un aspect "néoréaliste" qui sied plutôt bien à l’ambition à la fois sobre mais engagée du film. Les larmes sur les visages de l’enfant, tellement factices, en ressortent que plus belles, plus significatives. C’est tout le drame que traverse un pays qui se retrouve dans cet artifice de cinéma. Pour le reste, A travers la poussière, malgré sa courte durée (1h10), a du mal à tenir la distance et à éviter un final un peu trop larmoyant...
par Julien Hairault