Il n’y a pas que Broadway qui fait son show. Le quartier des théâtres de Londres propose lui aussi depuis des lustres son lot de comédies musicales. L’anglais Stephen Frears célèbre donc le Music-hall Londonien sur fond de seconde guerre mondiale.A la suite de la mort de son mari, Madame Henderson investit une partie de sa fortune dans un théâtre en ruine (le Windmill). Elle engage un brillant metteur en scène qu’elle charge d’y installer le spectacle le plus populaire de Londres. D’abord tout part très bien puis les choses se gâtent, puis c’est mieux, puis moins bien. Pendant ce temps la guerre commence et avant que les bombes ne tombent sur Londres, les jeunes femmes tombent le maillot. En hommage à son cousin français et rouge, le moulin de Madame Henderson propose à ses spectateurs des femmes en tenue d’Eve, qui pour préserver la bienséance toute britannique, ne bougeront pas un cil.

Mais tout n’est pas rose, Madame Henderson porte en elle le chagrin d’une douloureuse perte, celle de son fils tué dans les tranchés en 14-18. Plusieurs scènes la montrent se recueillant sur sa tombe et insistent sur le fait qu’il n’avait que 21 ans. 21 ans c’est aussi l’âge d’un jeune soldat tombé amoureux d’une des danseuses (Kelly Reily de L’Auberge Espagnole). La coïncidence donnera des idées à Madame Henderson. L’une sera la cause d’un drame, l’autre permettra d’éviter la fermeture du théâtre.
Frears nous invite au coeur même du spectacle. Il met en scène de belles séquences musicales et joue d’une certaine frénésie en coulisse (à l’image des récents Chicago et Moulin Rouge). Académisme et grosses ficelles ne devraient pas nous faire bouder notre plaisir d’autant que les performances de Judi Dench (remarquable et remarquée dans Shakespeare in Love) et Bob Hoskins justifient à elles seules le déplacement.