Hasard du calendrier, Marock est sorti deux semaines seulement avant Hell. Les deux films, à quelques spécificité géographiques près, racontent une histoire identique.Dans Marock, il est question de la jeunesse dorée de Casablanca qui vit l’année du bac entre amourettes et ramadan, la tête tournée vers un ailleurs (la France, les Etats-Unis...) où ils seront peut-être dès l’année prochaine. Sous le soleil marocain, et auprès de ces jeunes qui rentrent du lycée dans des voitures avec chauffeur, la tradition a la vie dure. Si son frère, fraîchement rentré de Londres, s’est trouvé un nouvel élan religieux et se soumet aux règles du ramadan, Rita (personnage principal joué par Morjana Alaoui, rayonnante) ne s’en soucie pas vraiment.

Elle préfère retrouver ses copines sur le toit de sa grande maison où elles rêvent au son de refrains pop-rock en se roulant des joints. Ce qui intéresse vraiment Rita, ce sont les garçons et en particulier ce mystérieux jeune homme croisé à la sortie d’une boite il y a quelques jours. Elle met tout en oeuvre pour le rencontrer et une romance finit par s’instaurer entre les deux. Seul "problème" : le Youri en question est juif.
Face à la pression d’un entourage omniprésent, Rita cherche un peu de liberté. C’est ce qu’elle trouve auprès de Youri, des courses en BMW et des escapades au bord de la mer. Tout cela reste très platonique, c’est pourquoi, la comparaison avec Hell mérite quelques précisions. Marock serait une version édulcorée, plus lumineuse et saine.

L’entourage des jeunes, totalement absent dans Hell, joue peut-être un rôle essentiel dans leurs comportements. L’argent, là encore, est au centre du récit, mais tout est amoindris. Une BMW plutôt qu’une Porsche, du cannabis plutôt que de la cocaïne, de tendres baisers plutôt que du sexe débridé...
Sous le soleil de Casa, on ne voit pas le désoeuvrement poisseux des personnages de Hell, mais plutôt la douce fraîcheur de la jeunesse. Pas vraiment vulgaire, pas vraiment rebelle, juste heureuse d’être là. Dans les deux films toutefois, la même conclusion tragique : l’argent ne suffit pas à sauver ceux qui s’imaginent immortels.
La critique de Hell