Spider-Man 3 (Un film de Sam Raimi)
Sur un fil
Par Gabriel Buret, le 7 mai 2007 2007
Peter est devenu la star du tout New York, son amie, M.J. chanteuse de Broadway ratée va très vite sentir un fossé entre elle et son héros de petit ami. Elle se rapproche donc de Harry, lorsque subitement Peter n’est plus le même : il est devenu agressif et s’est fait de nombreux ennemis…

Peter vit à la manière Dostoïevskienne, il dort dans une petite pièce prête à s’effondrer où la porte ne ferme plus. Le thème du surhomme fidèle à Nietzsche marchera toujours, sauf lorsqu’on joue trop avec les codes.

Rappelons-nous du terminator 3 qui, arrivé sur terre se met à chercher des vêtements, il trouve comme dans le 2 des lunettes mais elles sont roses à paillettes et en forme d’étoile… Cette mise en abyme et ce jeu des codes nous montre bien qu’aujourd’hui les scénaristes et les réalisateurs pensent que le spectateur ne peut plus croire naïvement aux techniques classiques, mais le résultat s’en trouve inversé. Nous ne croyons plus au personnage de Spider-Man qui nous paraît trop proche et donc incapable de réellement voler entre les immeubles.

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Finalement, Sam Raimi ne fait plus assez confiance à son sujet pour ce troisième volet. La structure narrative en est une autre démonstration de cette perte de confiance. Dans un soucis (peut-être) de détruire une certaine frontière entre le bien et le mal, Sam Raimi, propose des méchants qui ne sont pas si méchants, ils sont parfois gentils mais redeviennent très vite méchants, certains vont jusqu’au repentir mais ce n’est pas ce passage entre les deux extrêmes qui intéressent manifestement les spectateurs car rien n’y est développé, tout cela reste finalement très manichéens et leurs changements d’états schizophrénique apparaissent totalement gratuits, ce qui finalement à tendance à nous écarter toujours un peu plus des différents protagonistes. Protagonistes qui sont d’ailleurs beaucoup trop nombreux au point de ne plus comprendre leurs utilités dans le récit. Leurs origines et leurs motivations sont beaucoup trop simples pour être finalement assez clairs. Au final, Spider-Man 3 sous-estime les spectateurs en leurs présentant un film qui voudrait montrer les nuances de l’Homme qui ne naît pas méchant ni gentil, mais au contraire, il renforce un peu plus l’image d’un monde caricatural où la complexité humaine ne semble pas comprise.

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Malheuresement, il ne s’agit pas que d’un film raté, les grossiers symboles présents tout au long du film, donne une dimension à Spider-man 3 d’un film se rapprochant plus d’un art fidèle à Goebbels qu’à Greimas. Les séquences de la fin sont les plus évidentes.

Les méchants pour faire venir Spiderman et le tuer, kidnappent une personne proche à Spider man, cette personne se trouve dans une immense toile accrochée sur le côté d’un immeuble totalement en construction ( un futur « ground zero » ?), Peter arrive voletant dans les airs et se pose quelques instants avant de repartir devant un drapeau américain soufflé par un vent libérateur... Les images du 11 septembre sont très présentes et pourquoi pas sauf lorsqu’une morale d’une bêtise affligeante vient polluer une simple image pouvant montrer l’horreur de l’attaque contre les tours jumelles. Nous ne pourrons pas non plus passer à côté de l’image hautement symbolique du méchant principal tué grâce au son d’une cloche protestante, le symbole est grossièrement détourné mais reste cependant bien présent. Lorsque nous rentrons dans une logique comme celle-là, tout peut-être interprétable dans le sens que nous voulons qu’il soit mais je ne crois pas trop en rajouter en parlant du seul français du film, qui lors d’un dîner doit amener du champagne. Il se trompera deux ou trois fois de moments pour l’amener et lorsqu’il se décidera à l’apporter, il sera trop tard… Nous pouvons peut-être y voir l’action de la France dans la guerre en Irak.

Après le succès planétaire de Spider-Man, Spider-Man 3 est le dix-septième film de Sam Raimi. Il devrait y avoir encore 3 épisodes de Spider-Man mais Sam Raimi n’est pour l’instant pas sûr de les réaliser car il est sur un autre projet, celui de la continuation des Seigneur des anneaux.

Images : © Gaumont Columbia Tristar Films






A l’occasion de la sortie du nouveau film des frères Dardenne, Le Silence de Lorna, et après celles d’Eldorado et de JCVD, Fin de Séance vous propose un top 5 spécial Belgique.

  1. C’est arrivé près de chez vous de Rémy Belvaux et André Bonzel
  2. Quand la mer monte de Yollande Moreau et Gilles Porte
  3. Les Convoyeurs attendent de Benoit Mariage
  4. Calvaire de Fabrice du Weltz
  5. Et bien entendu n’importe quelle oeuvre des frères Dardenne


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