"Transformers 2", "Whatever Works", "Harry Potter 6" & "Bancs Publics" (Notules Juillet 09)
Par La Rédaction, le 24 juillet 2009 2009 - été - 10:26
Au menu de ces premières notules estivales : le dernier blockbuster de Michael Bay, les retrouvailles de Woody Allen avec New-York, les nouvelles aventures d’Harry Potter, et le film-choral des frères Podalydes...

TRANSFORMERS 2 - LA REVANCHE de Michael Bay :

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Michael Bay est décidemment irrécupérable, après un premier opus redéfinissant les limites du mauvais goût voilà que Transformers 2 La Revanche, toujours produit par Spielberg, vient à coup de centaines de millions de dollars anéantir toute bienséance dans une surenchère d’effets spéciaux et de blagues potaches consternantes. Cinéaste du mouvement permanent et du surdécoupage, Bay n’est pas pour autant un analphabète de son art et a su développer sa propre grammaire visuelle, certes bancale mais qui a le mérite de s’affranchir d’un certain nombre d’effets à la mode tels que les ralentis accélérés et autres supercheries devenues les poncifs des films d’action. On retrouve cependant toute l’imagerie déviante du réalisateur (les soldats iconisés à outrance, le fameux 360° et bien sûr des explosions intempestives) qui plutôt que de modérer son style tant critiqué préfère enfoncer le clou dans ce film-jouet à l’idéologie relativement douteuse (racisme, misogynie etc…). Paradoxalement c’est cette surenchère permanente qui fait tout l’intérêt de Transformers 2 puisque jamais un scénario n’a autant été prétexte à faire exploser tout et n’importe quoi et c’est justement ce que viendra chercher le spectateur averti (il vaut mieux l’être…). Bien que passablement indigeste (surtout la dernière demi-heure), le blockbuster de Michael Bay est aussi une puissante vitrine pour ILM (la boîte de SFX de Spielberg) qui se gargarise d’un niveau de détails tellement élevé que l’œil humain risque d’avoir du mal à suivre d’autant que l’amateur de robots sera comblé jusqu’à l’écœurement - petit, grand, très grand, vieux, femme-robot et même ado-crétin-robot ( !) - au moins le concept est rentabilisé. Pour ceux qui se laisseront aller à l’état de régression nécessaire au bon visionnage de Transformers 2, alors un plaisir surprenant les attend, car c’est bien connu plus c’est gros et mieux ça sa passe.

par Julien Dumeige

WHATEVER WORKS de Woody Allen :

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Après sa trilogie londonienne (Match Point, Scoop et Le rêve de Cassandre) puis son passage en Espagne (Vicky Cristina Barcelona), Woody Allen, toujours aussi prolifique, revient à ses premiers amours avec Whatever Works, portrait d’un personnage cynique et hypocondriaque, autrefois brillant chimiste, qui s’éprend d’une jeune niaise, cliché de la provinciale du sud élevée dans les bonnes vieilles valeurs traditionnelles et protestantes. Pêle-mêle, les aficionados de sa période seventies/eighties (Annie Hall, Manhattan, Zelig, Hannah et ses soeurs...) retrouveront les obsessions originelles : apostrophes au spectateur, dialogues savoureux, philosophie nihiliste, milieu intellectuel et artistique new-yorkais... Et pourtant le cinéaste parvient encore à nous surprendre. Ici, le personnage principal n’est pas interpreté par Woody Allen, comme on l’aurait attendu au vu de la dimension autobiographique du scénario et du retour à ses choix passés, mais par le très bon et immédiatement convaincant Larry David. Autre surprise, au niveau de la mise en scène cette fois-ci : la seconde tentative de suicide du personnage, complètement hors cadre, et inattendu scénographiquement, est une belle échappée burlesque.

par Morgane Pichot

HARRY POTTER ET LE PRINCE DE SANG MELE de David Yates :

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Difficile pour la série Harry Potter de trouver une certaine constance quand on sait que déjà avec un seul auteur, les livres sont inégaux... Chris Colombus avait su insuffler la magie au premier épisode, mais n’avait guère pu prolonger l’effet avec le deuxième, un peu fade et ennuyeux, le plus décevant. C’est Alfonso Cuaron qui, avec Harry Potter et le prisonnier d’Azcaban, avait su surprendre les cinéphiles et les adeptes de la série, non mécontents de voir respecter et même dépasser la noirceur du livre, au risque de perdre une partie du public, plus jeune et sensible. Cet épisode reste encore à ce jour le plus réussi, car au-delà du divertissant il est troublant et intelligent. Quand David Yates s’empare du quatrième, Harry Potter et la coupe de feu, il achève un bon film, à la hauteur du livre, et ne renie pas le coté angoissant et parfois même morbide insufflé par son prédécesseur. Depuis, il tourne le cinquième, Harry Potter et l’ordre du Phénix, ni bon ni mauvais juste indispensable pour suivre l’histoire, le sixième Harry Potter et le prince de sang-mêlé, et réalisera le 7ème tome divisé en deux films. Revenons sur le dernier terminé, actuellement au cinéma, et selon certaines sources meilleur démarrage en salle de tous les temps aux Etats-Unis. Dans les salles équipées, les spectateurs pourront le voir en projection numérique. Ce n’est pourtant pas ce qui met le plus en valeur le film, certains plans, surtout à la fin, étant tellement numérisées que ca vire presque au kitsch. Notamment, un arrière-plan vu des hauteurs de Poudlard, qui donne la même impression de décalage que les fonds utilisées pour les scènes de voiture dans les films des années soixante... Au-delà de ce "détail", ce sixième opus multiplie malheureusement quelques fausses notes. Failles du scénario (par exemple : pourquoi Harry ne fait pas part à Dumbledore de ses doutes relatifs à M.Rogue ?, adaptation qui néglige trop de passages du livre au-delà du fait qu’une bonne adaptation cinématographique dépasse l’illustration), jeu plutôt moyen des acteurs qu’on a vu dans une meilleure forme, surtout dans le cadre d’histoires de flirts assez ridicules (et là pour le coup, après les enfants de moins de dix ans, on aurait bien oublié la cible midinette mielleuse ou hystérique...Dommage car la maladresse de ces scènes vient davantage de l’interprétation et de l’écriture des dialogues que de l’âge des protagonistes). Cependant, la première scène est peut-être la meilleure ouverture de la série, rythmée, impressionnante, bien jouée, elle signe aussi la première introduction dans le monde moldu (les non-magiciens). Finalement, en voyant cette scène et celle autour de la maison de Ron dans les champs de blé (pas dans le livre), on se demande si Shyamalan, qui avait fait part de son désir de réaliser un épisode, ne se serait pas faufilé dans la salle de montage... Trève de plaisanterie, il aurait sans doute été mieux directement dans le studio.

par Morgane Pichot

BANCS PUBLICS de Bruno Podalydes

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Le film, dont la sortie était prévue initialement en juin 2008, aura donc du patienter une longue année avant d’être projeté (dans une relative indifférence malgré le casting all-star sidérant) dans nos salles. La faute, peut-être, à la médiocrité du métrage, dont le formidable concept montre vite de nombreuses limites. Disons que derrière les caméos amusants d’une cinquantaine d’acteurs/trices français/es, se cache une comédie légère et insouciante, très peu en phase avec son époque, et qui si elle nous arrache de nombreux sourires, finit par laisser pointer un ennui incompressible. Divisé en trois parties bien inégales (dont une première dans un bureau sur laquelle nous ne reviendrons pas), le film observe quelques heures de la vie de Versailles, d’un jardin public à un magasin de bricolage. Les allers et venues des comédiens forment de nombreux petits sketches aux sujets toujours légers. On y parle de problèmes sentimentaux, de difficiles relations parents/enfants, d’inquiétudes professionnelles... La vie, ni plus, ni moins. Logiquement, et même si les frères Podalydes sont de grands dialoguistes, le tout est inégal. Mais la qualité de telle ou telle scène ne dépend pas nécessairement de leurs interprètes. Tous jouent juste le peu qu’ils ont à jouer. Seulement le procédé lasse très vite, d’autant qu’il est étiré ici sur près d’une heure cinquante. Surtout, la subtilité qui pouvait faire le charme et la précision du génial Liberté Oléron, est ici totalement absente.

par Julien Hairault

Images : © Warner Bros. France (Harry Potter et le Prince de sang mêlé) ; © Mars Distribution (Whatever Works) ; © Paramount Pictures France (Transformers 2) ; © UGC (Bancs Publics)






A l’occasion de la sortie du dernier film de Jacques Audiard, Un prophète, Fin de Séance vous propose un top 5 consacré aux films de prison.

  1. Down By Law de Jim Jarmush
  2. La Grande illusion de Jean Renoir
  3. Hunger de Steve McQueen
  4. La Grande évasion de John Sturges
  5. L’Évadé d’Alcatraz de Don Siegel

Sans oublier Midnight Express et La Vie de David Gale de Alan Parker, Le Reptile de Joseph L. Mankiewicz, Cube de Vincenzo Natali, et Au nom du père de Jim Sheridan.



Pour profiter des rétrospectives d’auteurs et des reprises des joyaux du patrimoine cinématographique mondial, retrouvez les programmes cinéphiles :

- Séances, la cinéphilie à Paris
- Cinémas indépendants acceptant la carte Le Pass
- L’Institut Lumière à Lyon
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- Le Ciné-Club de Caen

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Retrouvez également Vodkaster - Le blog de la cinéphilie 2.0



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