Des personnages attachants, de jeunes acteurs talentueux et une certaine poésie comique, Ma vie en l’air est une comédie française comme on les aime : fraîche et légère.Yann a le mal de l’air. Rien à faire, l’avion le fait flipper. Cette peur panique va être un sacré frein à sa vie amoureuse. Dommage. Sur le plancher des vaches, donc, Yann gère son traumatisme comme il peut et en fait son métier en se spécialisant dans la sécurité aérienne.
A côté de ça il y a son pote Ludo (le boulet de base) qui va très vite, et très longtemps, squatter son canapé. Et puis il y a "les filles" ou "les femmes", on ne sait pas très bien car Yann est entre deux âges. C’est la trentaine contemporaine, celle qui lit des BD (cf. les Stranges de Yann) et qui a vu dix fois Les Dents de la Mer (cf. l’affiche dans les toilettes). Cette trentaine là hante le cinéma d’aujourd’hui, des fois tant pis, ici tant mieux.
Parce qu’avant tout Ma vie en l’air est un film drôle, parfois hilarant. Sur ce plan, les personnages sont redoutables ; on citera par exemple le pilote raté, ou encore le "plus grand économiseur de mot de tous les temps".
Mais au delà de ça, ce qui rend le film encore plus agréable, c’est le brin de douceur qui l’habite. C’est la scène d’ouverture un peu mélancolique, c’est Yann qui attend tous les soirs que ceux qu’il aime veuillent bien le rejoindre à la terrasse du café d’en bas, c’est encore les "Je t’aime" glissés dans l’entrebâillement de la porte et Alice qui demande "Qu’est-ce que t’as dit ?"...
Ma vie en l’air c’est comment s’engager dans ce que la maturité a de réel. Le personnage de Bill Murray dans Broken Flowers a beau avoir les cheveux gris, il reste un gamin, parce qu’il n’a pas su s’engager. Mûrir, nous dit Ma vie en l’air, ce n’est pas jeter ses vieilles bandes-dessinées ou changer de canapé, c’est aller une bonne fois pour toute aux devants des peurs de l’enfance, c’est dépasser les bafouillements affectifs de l’adolescence, c’est dire enfin un "Je t’aime" pour de vrai, un qui compte.